Maroc : La politique économique sera-t-elle jugée favorablement par le FMI ?

Maroc : La politique économique sera-t-elle jugée favorablement par le FMI ?

Décembre prochain constituera une nouvelle date charnière pour la politique économique nationale, a annoncé le gouverneur de Bank Al-Maghrib en précisant qu’à cette date, le Fonds monétaire international (FMI) devra se prononcer, au vu des résultats réalisés jusqu’à octobre, sur l’efficience de la méthode marocaine. Si l’on maintient le cap et si on ne change pas la donne, il n’y a pas de raison pour que la Ligne de précaution et de liquidité (LPL) – droits de tirage de 6 milliards de dollars pour faire face à d’éventuels chocs exogènes–  ne soit pas reconduite. En fait, Abdellatif Jouahri s’est dit optimiste quant aux performances futures de l’économie.

Nous avons réussi à rester la tête hors de l’eau aux pires moments de la crise économique mondiale, nous ne pouvons moins faire que continuer aujourd’hui qu’il est plus aisé de le faire et  qu’il y a des signes de reprise dans les pays partenaires, a-t-il déclaré. Cependant, en réponse à une question d’ALM, s’il a reconnu que la timide reprise des économies européennes n’exercera pas de pressions inflationnistes au Maroc, il a également estimé qu’elle n’aura qu’un impact limité sur la demande extérieure qui reste l’une des grandes voies d’accès à la croissance. Il a toutefois jugé que le commerce extérieur s’est forgé de nouveaux atouts – exemple de l’industrie automobile – et que la balance commerciale comme la croissance devraient s’améliorer en continuation de ce qui a été observé au 1er semestre. 

Un revirement de tendance que ne laissait pas nécessairement prévoir un début d’année où jointe au tassement de la domestique, l’atonie de la demande étrangère a fait que la croissance non-agricole a enregistré un net ralentissement (1,9%) au 1er trimestre, tandis que la valeur ajoutée des activités agricoles a progressé de 17,7% «portant la croissance économique à 3,8%». Mais l’un dans l’autre, la hausse du PIB devrait s’établir entre 4,5 et 5% en annuel. Mais, contrairement à cette évolution, le niveau du chômage s’est aggravé au 2ème trimestre à 8,8% contre 8,1% à la même période de l’année dernière et, la machine de production n’a été utilisée qu’à 63% de ses capacités.

Cependant, mieux étoffés ont été les comptes extérieurs, et le déficit s’est atténué de 3,1% par rapport à la même période de l’année dernière. Par ailleurs, les recettes voyages ayant augmenté de 2,1%, les transferts des MRE de 1% et les IDE de 22% et, compte tenu des éléments du compte de capital, l’encours des réserves internationales s’est accru de 4,3%, soit 150,2 milliards DH, ce qui constitue l’équivalent de 4 mois et 4 jours d’importations de biens et de services. 

Dans le même temps, le déficit budgétaire s’est établi à 39,4 milliards de dirhams. «En sorte que si la tendance se maintient, ce déficit devrait ressortir autour de 5,5% du PIB à fin décembre 2013». Même légère amélioration prévisible du crédit bancaire qui, à fin décembre, devrait progresser de 4%. Plus étonnant, l’épargne mesurée à l’aune des dépôts à vue augmenterait également «de 5,8%, après 4,1% en juillet et 3,6% en moyenne au 1er semestre». 

Autre sujet d’étonnement : l’évolution  des prix. Les experts de Bank Al-Maghrib affirment que comme les évolutions récentes de la sphère monétaire indiquent une absence de pressions inflationnistes, la hausse des prix est donc restée dans les limites prévues et s’est établie à 1,9% en août. Le conseil de Bank Al-Maghrib a du reste porté un intérêt particulier à cette question de l’inflation car, ayant pris note – à la lumière de l’enchérissement des hydrocarbures– des projections qui font ressortir un taux de 2,2% en 2013, de 1,7% en 2014 et de 1,5% au terme du 4ème trimestre 2014, il avance que «la tendance reste en ligne avec la stabilité des prix à moyen terme». Le rapport sur l’état de l’économie et des finances conclut : «Dans ce contexte caractérisé par une balance des risques légèrement orientée à la hausse et une prévision centrale de l’inflation qui demeure en ligne avec l’objectif de stabilité des prix à moyen terme, le conseil, tout en continuant à suivre de près l’ensemble de ces évolutions, a décidé de maintenir le taux directeur à 3%».

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