Maroc Taswiq dresse son bilan et affiche ses ambitions

Maroc Taswiq dresse son bilan et affiche ses ambitions

Parti d’un office ayant été déclaré en faillite, l’actuel patron de Maroc Taswiq, Najib Mikou, eu la lourde tâche de rétablir l’équilibre financier tout en créant une opportunité de commercialisation pour les coopératives détentrices de produits du terroir.

Le récit est édifiant à plus d’un titre. Les enjeux clairs : développer l’économie solidaire pour fixer les populations ; le développement des villes en passant par celui des campagnes.

« Si le Maroc a créé 4000 coopératives entre 1956 et 2007, 4000 autres ont vu le jour entre 2007 et 2011 grâce au phénomène INDH », avance M Mikou, directeur général de l’office qui a changé de dénomination en 2011.

Le challenge est que ce chiffre atteigne très rapidement les 40.000. Le plan Maroc Vert le prévoit dans ses actions.

La première contrainte à laquelle furent confrontés les responsables de l’office est bien celle de la flopée des produits et la fragilité des structures qui les produisaient.

Aucune force promotionnelle ou de distribution pour faciliter la commercialisation des produits n’était possible compte tenu de plusieurs facteurs (personnes illettrées, aucune connaissance en management ou en techniques de commercialisation).

Avec l’intervention d’un opérateur tel que Maroc Taswiq chargé de l’approvisionnement, le conditionnement, la commercialisation et la redistribution des revenus aux coopératives, le maillon manquant a été trouvé.

« L’enjeu est de créer des richesses pour l’amélioration des conditions de vie de ces populations et non d’assurer uniquement leur survie. C’est là où réside la différence », insiste M Mikou.

Filière semencière

Acteurs: SONACOS et 3 sociétés privées

Capacité de conditionnement et de traitement: environ 1,2 Millions de qx (50% détenus par le privé).

Près de 80 établissements privés agréés à importer et commercialiser des semences (semences potagères, oléagineuses et maïs).

Plan d’actions dans le cadre du Plan Maroc Vert à l’horizon 2020

Augmentation des niveaux d’utilisation des semences certifiées: 45% pour les céréales et la pomme de terre, 100% pour la betterave, la canne et le tournesol et 10% pour les légumineuses alimentaires.

Amélioration des niveaux de contribution de la production nationale des semences : 100% pour les céréales et la canne à sucre et 60% pour le tournesol et la pomme de terre.

 

Axes de développement:

Réalisation de 25 projets d’agrégation au titre de Pilier 1 du Plan Maroc Vert

Renforcement du programme de multiplication en irrigué;

Renforcement des capacités de stockage et de conditionnement;

Elargissement des réseaux de distribution

Renforcement des programmes d’encadrement de formation et de recherché

 Source: ministère de l’agriculture et de la pêche

Des richesses naturelles à valoriser

Les principales filières qui ont été identifiées et qui ressortent clairement dans le Plan Vert sont essentiellement la figue de barbarie, le dattier, l’huile d’olive, l’arganier, le miel et les céréales.

Pour la première filière, le Maroc recèle d’une capacité de production d’un million de tonnes par an. Concernant les plantations de dattiers, cette grandeur a été valorisée à 25.0000 tonnes par an. La capacité de production de l’huile d’olive a été quantifiée à 900.000 hectares d’olives par an. Le plan Maroc Vert prévoit de doubler cette capacité. La production d’arganier est estimée à 800.000 ha par an.

« Toutes ces filières y compris celles des céréales et la production du miel ont par ailleurs un dénominateur commun, à savoir celui de pouvoir être cultivées en terrain aride », rajoute le patron de Maroc Taswiq.

Le potentiel est donc là : il suffit de créer de la richesse à travers la valorisation de ces produits du terroir.

Maroc Taswiq a dressé son business plan et compte bien atteindre les objectifs qu’elle s’est assignée.

En amont, certains indicateurs devront être améliorés pour augmenter les productions. «A titre d’exemple, la capacité de production nationale du miel est de l’ordre de 5 à 10 kg par ruche alors que des pays comme la Turquie, l’Espagne, l’Italie à richesse naturelle comparable se sont dotés d’une capacité de 60 à 70 kg par ruche. Il s’agira de multiplier nos capacités de 6 voire 8 en améliorant les conditions sanitaires. Partant de là, nous pourrons en 4 ou 5 ans atteindre ce potentiel dormant », déclare le patron de l’office.

Dans la même logique, l’Etat dans le cadre de la nouvelle mutation de Maroc Taswiq depuis quelques années entend bâtir un nouveau modèle économique dans le cadre du développement de l’économie solidaire.

Et c’est bien dans cette optique que l’office à travers son nouveau mode de management a pu se doter d’un moyen de fonctionnement de près de 150 MDH sans subvention publique pour réussir sa stratégie de distribution et de commercialisation des produits issus des coopératives.

Dans ses engagements, l’office entend reverser les revenus aux coopératives sans retenues à la source. « C’est en fait le consommateur qui va payer les frais de conditionnement et de transport mais il le paiera au prix juste car tous les intermédiaires négatifs sont écartés grâce au maillon unique que représente justement Maroc Taswiq ».

La valorisation des produits du terroir passera pour sa part par leur certification. « Et là aussi, le coût de la procédure de certification sera pris en charge par l’établissement à travers une convention signée avec le ministère des finances et qui porte sur une enveloppe de 10 MDH sur 3 ans », garantit M.Mikou.

L’impact de cette procédure sur le produit est clair, à savoir, la fidélisation de la clientèle locale et la pénétration des marchés étrangers …

Sur un autre registre et non des moindres, le conditionnement amélioré des produits du terroir grâce à une mutualisation des coûts permettra de faciliter leur commercialisation. «Si le coût de la bouteille de conditionnement achetée par la coopérative atteint les 20 DH l’unité, nous pouvons nous à travers la quantité arriver à des prix de l’ordre de 4 DH la bouteille avec une qualité supérieure. De même pour l’étiquetage, les 4 DH sont réduits à 0,25 DH car nous procédons par consultation aux marchés publics. Ceci pour garantir une qualité aux consommateurs finaux », explique le patron de Maroc Taswiq.

Sur le plan trésorerie, la force de négociation réside dans les délais de paiement allant entre 4 et 6 mois. Un élément non négligeable pour les coopératives sachant que ce poste comptable représente pour elles pas moins de 60% de leurs frais globaux.

Concernant la logistique, c’est Maroc Taswiq qui se charge de la collecte des produits des coopératives. Ces dernières se trouvant exemptées des frais de cette rubrique aussi. Un soulagement également au niveau des caisses des coopératives qui finalement concentrent tous leurs efforts sur la production du produit en l’état.

Enfin, Maroc Taswiq se porte garante de la commercialisation des produits du terroir à travers une stratégie commerciale qui s’appuie sur plusieurs moyens marketing et logistique.

Les produits référencés sur le site de Maroc Taswiq ont en effet été boostés par le nombre grandissant de coopératives ayant adhéré au processus de valorisation.

Le dattier, un gisement en or

Surface moyenne actuelle: 48.000 ha,

Nombre de plantations: 4,8 Millions de palmiers dattiers (41% sont productifs).

Zones de production: Vallées du Ziz et du Drâa.

Contribution de la filière à hauteur de 60% pour 1 million d’habitants

Variétés : Mejhoul, Boufeggous, Bouskri, Jihel mais avec prédominance de khalts (variétés non identifiées).

Estimation moyenne des importations des dattes: 30.000T/an, en provenance principalement de l’Irak (40%), de la Tunisie (35%), de l’EAU (7,5%) et de l’Egypte (5%).

Plan d’action pour developer la filière:

  • Extension de la superficie : Plantation de 2,9 millions de plants à l’horizon 2020, de variétés résistantes à la maladie de bayoud;
  • Accroître la production dattière pour atteindre 185.000 tonnes à l’horizon 2030 et la valoriser par l’amélioration de sa qualité et des conditions de sa commercialisation ;

  Source : Ministère de l’agriculture et de la pêche maritime

« Si entre les mois de janvier et mars dernier, nous collaborons avec 30 coopératives représentant 70 produits, aujourd’hui ce sont 500 coopératives, soit, 1400 articles qui passent par les services de Maroc Taswiq pour commercialiser leurs produits. C’est ainsi que notre champ d’actions couvre les 16 régions du Royaume ».

Partant de là, la démarche commerciale passe par 4 ou 5 modes de commercialisation.

Le développement de magasins solidaires représente le premier mode. Le premier magasin solidaire et équitable a ouvert le 4 avril 2012 à Casablanca, le 26 décembre dernier, c’était au tour de la ville de Mohammedia d’être dotée d’un magasin du genre. Non en reste, la ville d’Agadir a acquis aussi un espace du genre.

D’autres plates-formes seront prévues dans le cadre de partenariat entre Maroc Taswiq et d’autres opérateurs privés. C’est ainsi que la ville de Fès comptera un magasin approvisionné en produits des coopératives sur pas moins de 200 mètres carrés. Son approvisionnement est prévu pour ce mois. Suivront dans le même concept les villes de Larache, Tanger, Marrakech et Rabat…

Encore une fois, Maroc Taswiq ne recherchant pas à faire des profits sur les produits, la marge dégagée par les différentes surfaces sera supportée par le consommateur final.

Le prix de vente fixé par les coopératives leur sera reversé encore une fois en l’état.  

Un troisième mode servira également à doper les ventes des produits du terroir, à savoir, le e-commerce. «Nous avons signé une convention de partenariat avec un des opérateurs intervenant dans ce domaine en l’occurrence Mydeal. La plate-forme virtuelle sera présentée sous 7 langues ».

Pour rappel, le site web de Maroc Taswiq a pu bénéficier de l’ingénierie à titre gratuit à travers la fédération nationale du e-commerce. A une première architecture simple et basique sous forme de corbeille à produits non classés, a donc suivi une plate-forme segmentée en deux rubriques, l’une intégrant 400 produits de la cosmétique et l’autre offrant plus d’un millier de produits dans l’alimentaire. Ces deux espaces marchands virtuels, convertis en 7 langues visent ainsi le marché à l’export alors qu’une plateforme est en cours de construction pour le marché local.

Le quatrième mode concerne l’exportation directe des produits du terroir. La démarche reposant sur un démarchage de clients. « Nous comptons déjà une vingtaine de correspondants internationaux dans les plus grands marchés internationaux pour ne citer que ceux de Dubaï, du Canada, de la Turquie, de l’Espagne, de France, d’Italie, du Sénégal et d’Asie ».

Des résultats ont été déjà enregistrés notamment sur le marché italien où le troisième conteneur de câpres de la coopérative de Moulay Idriss Zerhoune a déjà été acheminé. 

« Là aussi Maroc Taswiq a enregistré une performance dans le sens où les coopératives sont payées après pas moins de 15 jours après la date de livraison. Elles ne supportent pas les frais de virement. Ramener ce délai à 48h fait partie de nos prouesses ».

Enfin, le développement des franchises a été également inscrit dans le cahier des charges de l’ancien office. La première ouvrira ses portes à Dubaï sur un espace de 1000 m2 et offrira des produits du terroir marocain…

Les enjeux sont clairs. Les gains aussi sur les trois plans : économique, social et politique.

Réhabilitation sociale possible !

La stratégie mise en œuvre par l’Etat pour structurer et développer l’économie solidaire répond à deux objectifs.

Le premier est bien entendu la création de la richesse pour fixer les populations rurales. L’amélioration de leur niveau de vie conditionnant le phénomène.

Le second objectif qui reste un non dit car il va de soi dans la politique de régionalisation est le développement des infrastructures (sanitaires, éducation et autres …).

Le premier devant contribuer à l’atteinte du second.

Il est clair que l’augmentation des recettes reversées aux coopératives permettra de doter les autorités locales de budget de fonctionnement.

L’exercice semble utopique aujourd’hui mais il a bel et bien commencé.

La logique retenue depuis l’ancien règne de dire que l’agriculture est une priorité au Maroc demeure d’actualité.

Le nouveau règne a intégré cette donne dans le nouvel échiquier économique en soulignant la nécessité de valoriser les produits et de moderniser les techniques agraires de telle sorte à améliorer la compétitivité.

La continuité est réelle. Les résultats commencent à être enregistrés.

Reste à accélérer le processus car les échéances sont serrées.

Le ministère de tutelle y œuvre. Maroc Taswiq a dressé son plan d’actions et a référencés plus d’un millier de produits pour l’heure.

Il s’agit aujourd’hui de dupliquer les modèles et ce au niveau des 16 régions du Maroc pour assurer le transfert de savoir faire.

Le seul risque est de voir le politique l’emporter sur l’économique ce qui déséquilibrerait les prévisions économiques.

Le dosage devra être fait pour le bien de toute une Nation.

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