Maroc Telecom s’ouvre sur le Gabon

Maroc Telecom s’ouvre sur le Gabon

Deux mois à peine après l’acquisition, fin décemb-re 2006, de l’opérateur historique burkinabé Onatel, Maroc Telecom fait basculer une autre entreprise des télécoms dans son escarcelle.
La filiale de Vivendi a été déclarée adjudicataire définitive pour l’acquisition de 51% du capital de Gabon Telecom SA, opérateur historique des télécommunications du Gabon, pour un montant de 61 millions d’euros.  L’opération a été menée avec le concours de BNP Paribas comme banque conseil et August & Debouzy comme conseiller juridique. Premier fournisseur d’Internet dans le pays, Gabon Telecom gère environ 35.000 lignes téléphoniques fixes.
Les documents de la transaction ont été signés conjointement par Abdeslam Ahizoune, président du directoire de Maroc Telecom, d’une part et  le ministre gabonais de l’Economie et des Finances ainsi que son homologue de la Communication. Pour le Gabon, c’est une longue parenthèse qui se referme. Le processus de privatisation de Gabon Telecom a été engagé en 2001.  Maroc Telecom a été préféré sur la base de son offre jugée plus séduisante, selon les propos du porte-parole du gouvernement gabonais, Nedmezo’ Obiang, rapportés par la presse. L’offre marocaine tient en compte la relance de la téléphonie fixe et la  redynamisation de l’opérateur de la téléphonie mobile Libertis, une filiale dont le capital est détenu à 100% par Gabon Telecom.
A noter que Libertis a réalisé un chiffre d’affaires de 137 millions d’euros, selon les estimations de la partie gabonaise. Evoluant dans un marché de la téléphonie mobile libéralisé, face à deux autres opérateurs, l’entreprise compte, selon ses propres estimations à fin décembre 2006, un parc  d’environ 250 000 clients du mobile, soit une part de marché de l’ordre de 30%, et plus de 30 000 abonnés du fixe. Le taux de pénétration est évalué à fin 2006 à 53% pour la téléphonie mobile et à 2% pour la téléphonie fixe. L’ambition de Maroc Telecom à travers cette offre est claire, comme l’a rappelé son président. «Sans attendre, nous allons mettre en œuvre un plan de restructuration et de développement  pour  faire de cet opérateur un fleuron de l’économie gabonaise et un modèle pour la région, capable d’offrir les meilleurs services aux meilleurs prix  à la population et aux entreprises du pays». De source gabonaise, l’on annonce que Maroc Telecom investira dans un court délai 100 milliards de FCFA qui contribueront ainsi à désenclaver l’arrière-pays.  Fort de cette nouvelle acquisition, Maroc Telecom compte désormais trois filiales en Afrique. Le leader marocain des télécoms est actionnaire majoritaire de Mauritel, l’opérateur historique des télécommunications mauritanien depuis avril 2001 ainsi que de l’Onatel au Burkina Faso depuis décembre 2006.

Un long processus

Né en 2001 en même temps que Gabon Poste,  sur les cendres de l’ex-Office  gabonais des postes et télécommunications (OPT), Gabon Telecom traverse des moments difficiles malgré un potentiel de développement jugé important. Au recul du chiffre d’affaires s’ajoutent des charges de personnel élevées. Autant de difficultés qui avaient conduit au premier lancement à appel à candidatures entre 2001 et 2002. France Telecom, Tenor (Norvège), DTCON, Portugal Telecom, Maroc Telecom ont tous répondu présent. Le chinois ZTE et le coréen Corea Telecom se sont invités à la course. Mais aucune offre n’a été sélectionnée. S’ensuit un deuxième appel d’offres en décembre 2005 avec, comme en Burkina Faso, un renoncement du gouvernement gabonais à détenir la majorité des parts. Entre-temps, pour pérenniser la figure configuration de l’entreprise, l’effectif de 1 700 employés  au départ a été ramené à 1100.

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