Maroc-UE : Le privé à la rescousse

Jeudi 23 mai, Romano Prodi, président de la Commission européenne recevra à Bruxelles une délégation de l’Union méditerranéenne des Confédérations d’entreprises (UMCE) conduite par Hassan Chami, président de la CGEM (Confédération Générale des Entreprises du Maroc) et de cette association créée le 1er mars 2002.
Au cours de cette rencontre, il est prévu que l’UMCE exposera son point de vue sur les moyens à mobiliser pour redonner un nouveau souffle au partenariat euroméditerranéen. Un partenariat toujours dans l’impasse. Les opérateurs privés ont été les premiers à attirer l’attention sur cet état de fait. Ce statuquo n’arrange en aucun cas ni les pays du Nord ni ceux du Sud de la Méditerranée.
Lors des conférences organisées par la présidence espagnole de l’Union Européenne dans le cadre du processus de Barcelone (Tolède le 19 mars, Malaga les 9 et 10 avril et Valence les 22 et 23 avril), il s’est avéré que les opérateurs privés des pays des deux rives de la Méditerranée jouent un rôle décisif dans le domaine de la coopération économique. Le secteur privé est loin d’être satisfait du partenariat actuel entre les pays de la région. Il l’a fait savoir à plusieurs occasions.
C’est à Valence que l’on s’est rendu compte que le souci sécuritaire prend le dessus sur le volet économique. Le rejet du projet de la Banque euroméditéranéene pour l’investissement qui devrait faciliter l’attribution des crédits pour les pays du Sud dans le domaine de la mise à niveau économique laisse perplexes plusieurs observateurs sur la volonté réelle de l’UE de mettre les moyens nécessaires pour relancer le processus de Barcelone initié en novembre 1995. L’édition de Valence a été dominée entre autres par le rôle attribué au secteur privé. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir, si les Quinze reviendront sur leurs engagements vis-à-vis des pays du Sud de la Méditerranée. Il semble aujourd’hui que le souci de l’Union est celui de la montée de l’immigration. Un plan d’action dans ce sens sera prêt d’ici 2003. Le gouvernement espagnol a proposé à l’Union d’orienter les aides destinées aux pays du Sud de la Méditerranée en fonction de leur détermination à limiter le phénomène de l’immigration. Une telle démarche peut ouvrir la porte à tous les dérapages dans la mesure où les pays de l’Union pourront faire du chantage à leurs voisins du Sud. Ce qui risque de remettre en cause les objectifs tracés par le processus de Barcelone notamment la construction d’une Méditerranée riche.
Quand est-il alors du programme de mise en place d’une zone de libre-échange avec les pays du sud de la Méditerranée inscrite dans le cadre de ce processus ? La politique européenne dans ce domaine est loin de rassurer les opérateurs privés des pays du Sud. Tout porte à croire que l’Union Européenne a d’autres priorités pour le moment. Plusieurs observateurs craignent une remise en cause des engagements européens vis-à-vis de leurs voisins du Sud.

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