Maroc-UEMOA : Jettou en force à Dakar

Maroc-UEMOA : Jettou en force à Dakar

C’est le président Abdoulaye Wade lui-même qui donnera aujourd’hui, 25 janvier 2007, à Dakar, le coup d’envoi du Forum d’échanges et de partenariat d’affaires entre le Maroc dont la délégation est conduite par le Premier ministre, Driss Jettou, et les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine.
La rencontre, qui se prolonge jusqu’à vendredi abordera les questions relatives au commerce, à l’investissement, aux services financiers, aux transports, aux infrastructures et à des thèmes récurrents comme la valorisation du coton…
Sur le fond, il s’agit d’aplanir les difficultés empêchant jusque-là la signature de l’accord commercial et d’investissement, paraphé entre les deux parties en 2002 à Rabat, après quatre ans de discussions préliminaires. Le TEC (Tarif extérieur commun), appliqué actuellement par la douane de l’UEMOA pénalise les entreprises marocaines.  Beaucoup de pays de la zone CFA craignent qu’avec l’application des accords commerciaux symétriques, leurs entreprises ne puissent faire face à leurs consœurs marocaines, plus structurées. Par conséquent, ces pays souhaitent la prise en compte du différentiel de développement existant entre le Maroc et les pays de l’UEMOA.
Ce volet était au menu lors du septième round des négociations tenu en juillet 2006 au Burkina Faso. Le Royaume, déclare-t-on au ministère marocain du Commerce extérieur, avait proposé le libre accès en franchise douanière des produits industriels originaires de l’ UEMOA dès l’entrée en vigueur de l’accord. En échange, il était demandé aux pays de l’UEMOA d’appliquer une réduction progressive des droits de douane et taxes d’effet équivalent spour les produits industriels marocains. Le taux des droits de douane nul devant intervenir avec un différé de quelques années qu’il restait à fixer.
Pour sa part, l’UEMOA souhaitait l’application d’un traitement asymétrique en termes de préférences tarifaires et de règles d’origine. L’investissement et le droit d’établissement étaient mis en avant dans cette requête. La nouvelle offre marocaine, émise à partir du septième round des négociations reprend toutes ces considérations. Le Royaume propose l’entrée des produits industriels au Maroc sans droits de douane et une réduction sur les produits agricoles. L’approche marocaine est défendue au sein de l’UEMOA par le Sénégal, pays qui compte le plus d’entreprises marocaines actuellement. A noter que certains pays de l’Union bénéficient de l’initiative de SM le Roi Mohammed VI, datant de 2000, et exonérant de droits des douane certains produits provenant des 34 pays pays d’Afrique faisant partie des PMA (Pays les moins avancés). Le Maroc espère voir la signature de cet accord durant ce premier trimestre 2007. «L’accord est ficelé, rien ne bloque aujourd’hui », déclare à ALM, Mustapha Mechahouri, ministre du Commerce extérieur. Un accord a été trouvé sur les deux points qui bloquaient ; à savoir la libre circulation des personnes et le droit d’établissement. Reste désormais la longue procédure. S’il est paraphé à l’occasion de la visite de M. Jettou à Rabat (probable, vu la forte présence des délégations de l’UEMOA), le texte doit par la suite être validé par les huit ministres du Commerce de l’Union et par les Parlements. .

Un marché de 60 millions d’habitants

Fondée en 1994 sur les cendres de la CEAO (Communauté économique de l’Afrique de l’Ouest), l’UEMOA, qui couvre une superficie de 3,5 millions de km 2, regroupe le Bénin, le Burkina- Faso, la Côté d’Ivoire, la Guinée Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Ces huit pays ont en commun le franc CFA comme monnaie. Le projet d’un passeport unique pour les 60 millions d’habitants de la zone Est déjà au stade d’application. L’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) a évalué à 3.000 milliards de F CFA (environ 4,5 milliards d’euros) le coût du financement de son Programme économique régional (PER) destiné à l’intégration des huit pays membres sur une période de cinq ans (2006-2010).

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