Maroc Vert : Les nouvelles priorités

Maroc Vert : Les nouvelles priorités

«La commercialisation des produits agricoles est une grande problématique !». Le ministre de tutelle l’a bien reconnu, mercredi à Skhirate, lors de la réunion, «devenue annuelle», du comité gouvernement-partenaires s’inscrivant dans le cadre du «Project Management Office» relatif aux contrats-programmes filières.

Un souci, outre celui de la valorisation, qui a été unanimement partagé par les professionnels présents à l’événement. Aziz Akhannouch s’est voulu rassurant à leur égard. «Après avoir réussi à dynamiser l’amont agricole et sans le négliger à l’avenir, l’une de nos priorités pour les années à venir est la transformation et la commercialisation», a-t-il révélé. D’où l’importance, à ses yeux, de réorganiser non seulement les marchés de gros pour les filières végétales mais aussi des marchés à bestiaux et des abattoirs pour les filières animales. Les participants ont abondé dans le même sens en appelant, entre autres, à l’organisation du marché interne, autrement la commercialisation sera jalonnée de difficultés.

C’est pourquoi, d’aucuns ont proposé l’adoption d’une vision claire à propos de la commercialisation. Cette réunion était aussi une occasion pour débattre de l’agrégation. A cet égard, le ministre de l’agriculture et de la pêche maritime a précisé que les discussions sont en cours avec le ministère des finances afin d’allouer des subventions ciblées pour assurer un bon rendement des filières agréées. Il a également été question du Plan Maroc Vert. A ce propos des craintes ont été exprimées quant à l’avenir de ce plan du point de vue juridique.

C’est pourquoi les participants ont caressé l’espoir que les lois-cadres soient prêtes en 2014. Aussi, le dessalement de l’eau était au menu de la rencontre. A cet effet, une réunion sera, selon M. Akhannouch, tenue en mai avec certains agriculteurs afin d’aboutir à une solution. Ceci étant, les recommandations des professionnels seront certes prises en considération par le ministre de tutelle, qui a été de bonne écoute et les a appelés à s’organiser en interprofessions regroupant les opérateurs de chaque maillon de la chaîne de valeur.

«C’est la raison pour laquelle nous avons opté pour ce choix et mis en place la loi y afférente», a-t-il indiqué. Après la publication de cette loi au Bulletin officiel et du décret pris pour son application, le département de l’Agriculture a finalisé, avec les professionnels de 9 filières, dont les filières céréalière, arboricole ou encore avicole, les arrêtés fixant les niveaux minimums de représentativité exigés pour les organisations professionnelles composant les interprofessions. Ces arrêtés sont actuellement au ministère de l’industrie et du commerce et seront sous peu dans le circuit d’approbation.

Concernant les autres filières, les arrêtés sont, selon M. Akhannouch, en cours de finalisation avec les interprofessions concernées. De surcroît, l’aval de la plupart des filières agricoles est relativement bien organisé alors que l’amont productif souffre, selon lui, d’une insuffisance d’organisation des producteurs en associations nationales structurées et actives. C’est pourquoi le département de l’agriculture a entamé pour certaines filières et en concertation avec les professionnels, les démarches nécessaires au niveau des principales régions de production pour activer cette organisation des agriculteurs au sein d’associations régionales représentatives. Ces associations seront fédérées au sein d’une association nationale. Ce processus vient d’ailleurs d’être achevé pour la filière oléicole dont l’association nationale a vu le jour en décembre dernier et la même démarche sera entamée incessamment pour la filière céréalière. Que les autres filières leur emboîtent le pas !

Des progrès mais aussi des défis…

La grande réunion annuelle du comité gouvernement-professionnels a également abordé les différents leviers de développement des filières agricoles végétales et animales. Aussi, le ministère de l’agriculture est revenu sur les réalisations de certaines d’entre elles. En effet, plusieurs filières ont réalisé des progrès de taille, notamment en termes de production. C’est ainsi que la filière sucrière a connu une augmentation de 46% entre 2012 et 2013 et que la production de la filière des agrumes est passée de 1,46 million de tonnes à 2,2 en 2013. Par ailleurs, cette grande réunion qui a abordé les différents leviers de développement des filières agricoles végétales et animales a consacré la nécessité de renforcer les organisations professionnelles aux niveaux régional et national. Ce chantier est concerné par une nouvelle loi encadrant la mise en place des interprofessions, considérées dans le cadre du Plan Maroc Vert comme un acteur majeur d’appui et de suivi des programmes de développement agricole.

 

PMV, les contrats-programmes en bonne voie

La présentation de l’état d’avancement des contrats-programmes lancés dans le cadre du Plan Maroc Vert a été à l’ordre du jour de la réunion annuelle du comité gouvernement-professionnels. Il en est ressorti que depuis le lancement du Plan Maroc Vert en 2008, le gouvernement et les professionnels ont conclu, à aujourd’hui, dix-huit contrats-programmes visant le développement et la mise à niveau des principales filières agricoles, dont 13 végétales et 5 animales. Aussi, cette rencontre annuelle a été marquée par l’évaluation des réalisations des contrats-programmes mais également par l’identification des axes d’amélioration pouvant être apportés au sein de chaque filière. En gros, les résultats ont été jugés positifs et dépassent parfois les objectifs fixés initialement pour la plupart des filières. Ainsi, «ces résultats ont été réalisés grâce à l’implication et au dynamisme des professionnels d’une part, et au soutien de l’Etat dans le cadre du Fonds de développement agricole, entre autres, d’autre part», a précisé le ministère dans un communiqué de presse.

 

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