Maroc/Afrique du Sud: Duel sur la toile

Maroc/Afrique du Sud: Duel sur la toile

La course au leadership numérique est engagée. Elle oppose le Nord et le Sud. Mais cette fois-ci non pas en Amérique, mais sur le continent africain. Un récent rapport publié par McKinsey, le célèbre cabinet spécialisé dans le conseil aux directions générales dans le monde, indique que le Maroc et l’Union sud-africaine sont au coude à coude pour le titre envié de champion africain de l’Internet. Les experts de cette officine estiment en effet que les deux pays font montre de sérieuses prédispositions pour devenir le «leader numérique» sur le continent.

Selon eux, cette éventualité est susceptible d’offrir de très nombreuses et très grandes opportunités dans la région. McKinsey pense que le continent africain dispose d’un énorme potentiel dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC) et il évalue le marché lié à ces outils de propagation de la connaissance à 300 milliards de dollars à l’horizon 2025. Se basant sur le fait qu’actuellement 16% seulement de la population du continent ont accès à Internet, les prévisionnistes augurent que le secteur pourrait réaliser à terme 5 à 6% du PIB africain.

Pour le cabinet de conseil, la marche des deux pays vers la consécration informatique est bien engagée et la convergence des domaines d’Internet et de ceux du mobile font que la situation actuelle incite à l’optimisme. Elle est, cette situation, que 720 millions d’Africains disposent de téléphones cellulaires, que 167 millions utilisent l’Internet et que 52 millions font grand usage de Facebook.

A ce titre, note le rapport McKinsey, le Maroc a le taux de pénétration d’Internet le plus élevé en Afrique. Ce que dit l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) qui affirme que le nombre des internautes a été multiplié par 4 et qu’un citoyen sur 2 est connecté.

Au vrai, ces perspectives devraient s’élargir du fait que l’externalisation des processus d’affaires ou Business Process Outsourcing (BPO), a pris son essor – par le biais des centres d’appels notamment – et que l’ouverture des services de la 4G a été annoncée pour l’année prochaine, «ce qui ferait du Maroc l’un des premiers pays africains à se doter de cette technologie». En expansion perpétuelle, exponentielle selon certains avis, la progression des TIC et leur usage au Maroc «exigent des investissements dont la lourdeur pourrait retarder la marche, mais ne peut en aucun cas faire l’impasse sur l’impératif de relever le défi informatique».

Car «l’usage des TIC gagne en importance de jour en jour à tous les niveaux de produits». En 2012, 92% de la population étaient équipés en téléphonie mobile contre 87% en 2011. A cette même date, 16% de la population usaient d’un smartphone, ce qui a marqué une progression de 30% d’une année à l’autre et a abouti à un parc de 3,6 millions de terminaux.

Dans le même temps, le taux de raccordement à Internet des foyers marocains a atteint 39% en 2012 contre 35% en 2011. Pour autant, affirment des analystes, ces avancées ne doivent pas faire oublier que les opérateurs ont peine à anticiper la progression de la demande et que cela déteint sur la qualité des services. Non plus qu’elles ne doivent occulter le sentiment de frustration qu’engendre cette situation en dépit de la baisse des prix des connexions.

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