Marrakech fait le plein

Marrakech fait le plein

«C’est le meilleur mois d’avril à Marrakech depuis des années!», s’exclame Amr Kallini. Le Directeur général de la chaîne Mirage, propriétaire de deux établissements à Marrakech, dont l’ex-Sheraton, 700 chambres, soit le plus grand établissement du Royaume, affiche complet, tout en démentant les rumeurs de surbooking. «Nous n’avons relogé personne. Les quelques cas de surbooking notés dans la ville sont maîtrisables », déclare-t-il, satisfait. Une position partagée par Salahdine Naciri, nouveau président de l’Association de l’Industrie hôtelière de Marrakech. Pour ce professionnel, «il n’y a pas de surbooking exceptionnel, il y a de petits débordements qui interviennent en général à la même période et que les établissements essayent d’ajuster entre eux ».
La coïncidence des vacances scolaires de Pâques en Europe, de la Semana Santa en Espagne  et des vacances du Mouloud au Maroc est la raison principale de ce rush.
A l’image des autres établissements de la ville ocre qui enregistrent beaucoup de demande en dehors des allotements, les deux hôtels de la chaîne Royal Mirage, propriétée du docteur Oteiba, affichent complet.
 Pour prévenir le  phénomène de surbooking, l’Association de l’industrie hôtelière de Marrakech a pour la première fois mis en place un système de pools. Regroupés dans le groupe A, pour les hôtels cinq étoiles, dans le B pour les quatre étoiles, les établissements  travaillent en coordination.  Les clients qui n’ont pas trouvé leur place, sont relogés dans un hôtel équivalent à leur réservation de départ, en toute souplesse et dans un temps record, explique un hôtelier. Les hôtels trois étoiles se sont organisés de la même manière, en suivant l’exemple des catégories supérieures. Le système est simple, explique M. Naciri, l’hôtel qui a des disponibilités en fait profiter à celui qui est plein » !
Par le passé, ce genre de transfert était facturé avec une petite commission ou par un arrangement d’avance. Pour cette année,  les hôtels se sont accordés sur le prix d’agence. «Tant qu’il s’agit de clientèle de circuits, il n’y a pas de problème. Les partenaires acceptent même parfois d’inverser leur programme en fonction de nos disponibilités », poursuit le président de l’AIH.
En revanche, il est difficile de déloger un individuel. «Un client qui paye sa semaine à la Mamounia ou au Sofitel ne doit pas être délogé» explique un autre opérateur, persuadé que les hôtels bien gérés arrivent toujours à prévenir le phénomène. Et d’ajouter : «la responsabilité du surbooking est liée aussi aux règles du jeu du tourisme. Les TO prennent en général beaucoup d’allotements qu’ils ne vendent que durant la haute saison».
N’empêche, cette solution temporaire illustre bien le problème de capacité que connaît la ville ocre. La première destination touristique du Royaume ne compte à la date d’aujourd’hui que 82 hôtels classés. Une capacité que complètent 371 maisons d’hôtes ( 4000 lits) répertoriés en deux catégories. La ville ocre ne peut pas malheureusement compter aussi sur les 16 COS ( 3600 lits), réservés jusque-là aux seuls adhérents, encore moins sur les nombreux appartements vides ou loués clandestinement. «J’espère que la  loi sur l’immobilier locatif à vocation touristique sortira très vite du circuit législatif», déclare l’un des membres de l’AIH. En attendant, le débat sur la coordination des vacances scolaires entre le ministère de l’Enseignement et celui du Tourisme, avivé par le surbooking, ressurgit de plus belle. Sur les 100 000 visiteurs annoncés pour le week end, environ 60% sont des nationaux.

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