Marrakech : la Cité du film fait son cinéma

En l’absence d’une convention d’investissements, la cérémonie de présentation hier, lundi 4 décembre 2006 à Marrakech, du projet «la Cité du film», n’a pas revêtu la dimension festive attendue.  Ahmed Benkirane, partenaire marocain de la société Tritel, porteur du projet, a présenté à la presse les différents aspects de cet investissement de 15 milliards de dirhams d’investissements sans s’attarder sur les raisons de l’ajournement de la conclusion de la convention nécessaire au démarrage des travaux.
Concernant le retard de la signature de la convention, le blocage est de deux ordres, explique-t-on à l’Agence urbaine de Marrakech :il y a des réserves techniques dans le souci de préserver le paysage et les monticules se trouvant aux abords du site retenu. Le projet sera construit sur une superficie de 200 hectares sur le terrain «Gich Harbil», situé à Ouled Belaaguid, dans la commune rurale de Ouahat Sidi Brahim. Et à Essaouira, une assiette foncière de 80 ha relevant du domaine forestier situé à Sidi Ahmed Saih (…).
Autre facteur du blocage, évoqué par un important élu de Marrakech, les exigences des investisseurs. Cela va de la cession desdits terrains au dirham symbolique,  à la participation de l’Etat dans les infrastructures hors sites, jusqu’à… la réalisation d’une autoroute à quatre voies entre Marrakech et Essaouira, et ce avant le 30 juin 2007. Cette dernière exigence émise dans la première mouture de la convention d’investissements en juin 2005 a été finalement abandonnée au mois de septembre de la même année. Idem pour le dirham symbolique et certaines exonérations fiscales. Pour rappel, les investisseurs réclamaient en plus d’une exonération de 12 ans, une garantie de crédit-export, laquelle permet de  considérer  les films internationaux produits sous le label marocain comme des produits de l’export. Cela leur permet d’échapper à certaines taxes appliquées aux produits dédiés à la consommation intérieure.
Si la Primature tarde à signer le projet, en revanche, le dossier du montage financier, lui, a bien évolué. Ainsi, comme l’a expliqué M. Benkirane, 500 millions de dollars ont été levés auprès des banques marocaines et étrangères. Cas de la BMCE-Bank, Corral Bank, Europe Vision. Le partenariat industriel a été trouvé, en particulier auprès des groupes Kempinsky et Accor. Tritel Management a de ce fait mis en place une société marocaine au capital de 20 millions de dirhams. Une misère vu les illustres noms qui accompagnent le projet de la Cité du film. On y retrouve pêle-mêle, outre l’ex-vice président de la CGEM, Castro Khatib, fondateur de Tritel, Simon Denton, David Lowe, Mel Morris et bien d’autres figures du cinéma. Le scénario de départ n’avait pas prévu un tel retard dans la prise de décision.

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