Marrakech : Les Riads dans l’illégalité

La vocation touristique de Marrakech est établie depuis longtemps. La médina intra-muros, avec ses monuments historiques, ses souks colorés, ses artisans à l’oeuvre et l’immuable ambiance de Djemâa El Fna sont autant d’atouts à confirmer cette vocation. En effet, avec une superficie de plus de 600 hectares et densité de près de 300 habitants aux kilomètres carrés, la Médina de Marrakech connaît la plus forte concentration populaire du Royaume. En outre, l’environnement sain de la ville, l’architecture de ses Riads, maisons d’anciens notables, ses palais de vizirs et de pachas, font de la Médina un lieu de calme et de sérénité qui invitent les résidents étrangers à la découverte d’une culture, qui, malgré l’évolution moderne, reste fidèle à ses traditions séculaires. Tous ces attraits et bien d’autres, tels que l’hospitalité légendaire et la bonne humeur de ses habitants, encouragent les nombreux investisseurs étrangers à acquérir à des sommes modiques (à partir de 300.000,00 DH), des demeures qui sont souvent en état de délabrement.
Conscientes des répercussions positives sur le tourisme local, les autorités locales et les élus encouragent le développement de ce nouveau secteur, dans le souci de sauvegarder, ces demeures qui font partie du patrimoine culturel de Marrakech. Ils veillent également au respect du cachet architectural et les procédés de construction traditionnelle de certaines de ces anciennes demeures historiques, devenues maisons d’hôtes ou résidences secondaires de luxe.
Généralement, elles sont composées de quelques chambres meublées, sommairement, avec des produits locaux choisis selon les goûts, murs revêtus de tadelakt ocre ou ivoire, ouvertes sur une cour intérieure avec jardin, palmiers et bigaradiers, fontaines et parfois une piscine au centre, la nouvelle maison est prête pour accueillir ses hôtes souvent des touristes privilégiés qui cherchent la sérénité et la quiétude.
L’opération de restauration étant terminée, les propriétaires de ces établissements, vont rentabiliser leur investissement en déclenchant une promotion ciblée de commercialisation de leurs produits auprès de marchés émetteurs étrangers. La valeur locative varie entre 300 et 4 500 DH par jour.
Au cours d’une opération effectuée l’été 2000, les services de la préfecture de la Médina ont recensé 322 maisons et Riads détenus par des propriétaires de diverses nationalités dont les français représentent 61 %. Mais ce recensement est le seul effectué jusqu’à présent. Or, depuis, la Médina de Marrakech connaît un essor constant à tel point, qu’aujourd’hui on estime à plus de 600 maisons d’hôtes dont une trentaine sont déclarées et opèrent en toute légalité et le reste échappent aux contrôles de police et du fisc. Par ailleurs, un grand nombre de ces maisons sont situées dans des ruelles étroites ou des impasses d’où l’impossibilité d’acheminer les secours en cas d’urgence ou de sinistre. Le projet de loi 61-00 classe les maisons d’hôtes établissements d’hébergement par similitude aux hôtels. Mais en attendant la promulgation de cette loi, certains gérants mettent à profit ce vide juridique.

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