Mehdi Maachi-Haddou: «Nous représentons 30% des entreprises certifiées tous secteurs confondus»

Mehdi Maachi-Haddou: «Nous représentons 30% des entreprises certifiées tous secteurs confondus»

Entretien avec Mehdi Maachi-Haddou, président de l’Association marocaine des industriels du béton (Amib)

Notre secteur est très hétérogène allant des grandes usines aux petites entreprises artisanales. Par contre, nous avons un acquis majeur : Nous sommes très  attachés à la qualité.

ALM : Quel bilan faites-vous des actions de l’Amib au titre de l’année 2016 ?

Mehdi Maachi-Haddou : L’année 2016 marque la fin du mandat de l’ancien bureau de l’association. Nous avons beaucoup travaillé durant cet exercice sur les choses qui pénalisent fortement le secteur, notamment l’aspect fiscal. Le premier volet concerne la taxe prafiscale, à savoir la taxe spéciale sur le sable, l’acier et le ciment. Cette dernière est la plus lourde parmi les trois taxes que nous payons car nos produits sont faits à base de ciment, acier et sable. Je tiens à souligner que la taxe sur le ciment a été créée en 2002 pour une finalité noble, celle d’alimenter le fonds de solidarité pour l’habitat en vue de financer la construction de logements sociaux au Maroc. Au fil des années, cette taxe a commencé à avoir un effet pervers. Elle commence éventuellement à fausser la concurrence. Notre industrie est censée payer une taxe qui favoriserait la construction de logements sociaux. Or, 70% des murs de ces logements sont faits par des produits de substitution que d’autres industriels produisent. En fin de compte, nous nous retrouvons à payer une taxe qui nous pénalise. Nous avons recommandé dans ce sens d’aligner tout le monde sur cette mesure au lieu que certains payent au détriment des autres.

Qu’en est-il du deuxième volet ?

Il concerne la TVA sur l’auto-construction. Comme il est connu de tous, l’administration fiscale a sorti une loi pour que chaque auto-constructeur paye une TVA de 60 dirhams par mètre carré. Alors quand l’auto-constructeur vient acheter nos produits il exige qu’on les lui vende en hors-taxe. Et comme il payera en liquide, la tentation est grande pour certains opérateurs qui travaillent dans le noir. La TVA sur l’auto-construction est censée venir simplifier la procédure. Cependant elle commence à avoir des répercussions sur d’autres plans. Et au lieu de tirer le secteur de l’informel vers le formel, elle commence à exercer un effet inverse.

Où en êtes-vous dans votre bataille ?

En ce qui concerne la taxe spéciale sur le ciment, nous avons mené une étude pour démontrer les effets pervers de cette mesure. Il ressort que cette taxe génère 2 milliards de dirhams. De ce total nous payons 150 millions de dirhams dont une partie est assurée par les entreprises transparentes. Nous avons émis une proposition dans ce sens qui a été jugée sérieuse par tous les acteurs y compris l’administration fiscale. Ainsi pour bénéficier de la taxe spéciale sur le ciment, l’entreprise doit faire des déclarations de productions et de ventes. C’est ainsi qu’on éliminera toute la partie du noir. Cependant nous attendons la constitution du nouveau gouvernement pour concrétiser cette proposition. Quant à la TVA sur l’auto- construction, nous avons eu gain de cause. L’administration a identifié dans ce sens des barèmes au lieu des 60 dirhams fixés pour le mètre carré.

D’après vous, comment est structuré le secteur ?

C’est un secteur très hétérogène allant des grandes usines aux petites entreprises artisanales. Leurs chiffres d’affaires peuvent varier de 3 millions de dirhams à 1 milliard de dirhams annuellement. Par contre, nous avons un acquis majeur. Notre secteur est très attaché à la qualité. Certes, nous ne réalisons que 5 milliards de dirhams en termes de chiffre d’affaires, mais nous représentons 30% des entreprises certifiées tous secteurs confondus. Pour renforcer ce volet, nous travaillons sur la mise en œuvre d’un label qu’on baptisera «Label AMIB».

Et sur quoi reposerait ce label ?

Il est axé autour de trois piliers. Pour qu’une entreprise décroche ce label il faut tout d’abord qu’elle soit certifiée par Imanor. Elle doit par ailleurs obtenir auprès de l’administration fiscale et la CNSS des attestations de conformité dites «attestations de soumissions aux marchés publics». L’entreprise doit également disposer d’une charte éthique et environnementale illustrant son engagement dans le respect de l’environnement et la lutte contre l’informel. Nous organiserons dans ce sens un séminaire fin 2017 pour décerner ce label à une dizaine d’entreprises d’ores et déjà qualifiées. Nous ambitionnons d’accompagner à terme 50 à 80 entreprises. Notons que ce label viendra apaiser les craintes des prescripteurs et les pouvoirs publics. Le label est également un outil vis-à-vis du consommateur final.

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