Meknès : le tourisme au galop

Meknès veut se réconcilier avec l’un de ses emblèmes : le cheval. D’où l’organisation de cette première édition international du festival de cheval, du 13 au 24 mai, placée sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI. Pour le président du CRT local, Driss Alami, propriétaire de l’hôtel Palace, vivement satisfait du déroulement de cette première édition, il faut faire en sorte à donner à de telles manifestations une corrélation touristique. Ce festival qui a jeté la lumière sur toute la région peut servir de rampe de lancement au secteur.
Pour la vingtaine d’établissements hôteliers qui fonctionnent à petit trot, cela peut être un véritable coup de fouet. Une occasion de fermer la page d’une actualité touristique dominée par les grèves (l’hôtel Volubilis qui domine le site du même nom a connu une année sabbatique) et les plaintes de touristes liées aux agissements de certains guides. Le CRT local qui n’a pas encore son propre siège travaille déjà sur le projet de bipôle avec la ville de Fès, situé à 35 minutes, et qui peut redonner une âme à la destination. La volonté des opérateurs de Marrakech, tête de pont du tourisme de circuit, de faire de leur ville une ville de long séjour se reflète sur les flux du circuit des villes impériales en pleine refonte.
Ce sera une bouffée d’oxygène pour la vingtaine d’établissements d’hôteliers de la ville, qui fonctionnent à marée basse depuis très longtemps. De la réussite de ce festival international de cheval et d’événements de ce genre, dépendra l’avenir touristique de Meknès. Pour cette fois-ci, les précautions d’usage ont été prises. Ainsi, la wilaya de Meknès-Tafilalet a mis en place une cellule de travail composée des potentialités de la région, dans la réflexion et l’analyse. L’association Meknès-Tafilalet et la société anonyme Meknès-Tafilalet ont pour objectif de relancer toutes les activités culturelles, touristiques, éducatives ainsi que les actions entrant dans un projet visant le développement économique de la région. Le Festival avait valeur de promotion. Faire découvrir la région et la mettre en valeur. C’est une ouverture vers le monde arabe et des pays comme le Qatar, les Emirats Arabes Unis, mais aussi l’Europe. Les randonnées qui ont passé par Moulay Ali Chérif, Errachidia, Merzouga, Erfoud, Aoufous, Ajdir, Azrou, Ifrane, El Hajeb, Moulay Driss Zerhoune, puis Meknès, auront traversé les quatre saisons dans l’une des régions du Maroc qui offrent le plus de variétés.
L’action ne sera pas ponctuelle ont promis les organisateurs qui savent que la relance du tourisme est un fait d’ensemble. L’association de la société Espaces Meknès-Taflalet compte exposer les activités de cette manifestation devant 100 000 visiteurs à Avignon (France), pour lui donner plus de réussite. Sera diffusé à l’occasion un document d’une heure sur le cheval, réalisé par Saïd Tachfine. L’événement a été accompagné d’expositions d’articles artisanaux du 18e, 19e et 20e siècle comme les armes anciennes, les fusils, les poignards, les épées en argent, les étriers et les incontournables tapis berbères, les articles de broderie, et une collection de pièces de monnaie allant de l’époque romaine à la dynastie alaouite.
L’empreinte française de ce festival international du cheval a été visible lors de la clôture à travers le spectacle équestre le «théâtre du Centaure», présenté par les artistes cavaliers français Camille et Mano qui ont charmé les foules.
Passée cette première édition, il faudra donner à cette manifestation, la pérennité. Rappelons que par le passé, la ville abritait une manifestation analogue, le festival de la fantasia qui arrivait réunir 1300 cavaliers. Après cinq éditions, ce rendez-vous organisé par des amateurs du cheval dont le Docteur Souab est mort d’une belle mort.

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