Merrill Lynch se plie

Après des semaines de négociations serrées, Eliot Spitzer, le ministre de la Justice de l’Etat de New York et la banque d’investissement viennent enfin de signer un accord à l’amiable dans l’affaire mettant en cause l’indépendance du département de recherche financière de la firme.
Merrill Lynch, premier courtier mondial, va devoir payer dans les jours qui viennent une amende de 100 millions de dollars, dont 48 millions à l’Etat de New York et 52 millions pour éviter d’éventuelles poursuites dans tous les autres Etats de l’Union. En outre, la banque américaine a accepté toute une série de réformes structurelles pour séparer les analystes de toute influence réelle ou perçue comme telle de la division banque d’investissement. Ainsi, les salaires des analystes et leurs primes seront complètement séparés des activités de banque d’investissement et dépendront uniquement des services aux investisseurs.
La banque américaine va également créer un comité de recommandation sur la recherche, chargé de passer en revue toutes les recommandations des analystes pour en déterminer l’objectivité, l’intégrité et la rigueur analytique. Ce comité sera composé de représentants des clients privés et des cadres de différentes divisions de la maison, à l’exception de la banque d’investissement. Le salaire du responsable du comité sera basé sur la performance des recommandations des analystes. En outre, un observateur va également être nommé pour une période d’un an pour surveiller l’application de l’accord.
Par ailleurs, Merrill Lynch a également fait la semaine dernière des excuses publiques auprès des investisseurs «ésés» dont elle craint d’éventuelles poursuites. «Nous allons poursuivre notre enquête sur toutes les autres grandes maisons de Wall Street», a déclaré la semaine dernière Eliot Spizer au cours d’une conférence de presse à New York.
L’attorney général a même encouragé les grandes banques d’affaires à venir le voir pour négocier. Comme quoi, les procédures actuelles, engagées dans le dossier des analystes et de celui d’Enron, n’ont pas fini de parler d’elles.
Dans ce registre, quelques minutes après l’annonce de l’accord entre Merrill Lynch et Eliot Spitzer, Goldman Sachs a publié toute une série de recommandations pour rassurer les investisseurs sur la qualité du travail de son département d’analyse financière. Goldman Sachs va notamment nommer Gerald Corrigan, l’ancien président de la banque de Réserve Fédérale de New York, comme médiateur en cas de conflit d’intérêts dans la recherche financière.
La banque va aussi revoir les processus de compensation financière de ses analystes et publier les principes guidant ses travaux de recherche financière.
Il apparaît ainsi que les acteurs de la place New-Yorkaise, tant ceux qui sont juste montrés du doigt par les autorités que les autres, ne peuvent plus faire l’économie d’une sévère réorganisation de leurs activités, ne serait-ce que pour rassurer leurs clients.
Les «majors» américaines impliquées directement dans ces scandales, devront en plus, comme Merrill Lynch, débourser quelques millions de dollars pour s’amender.

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