Mestari : un émigré aux grands desseins

Mestari : un émigré aux grands desseins

Mekki Mestari fait partie de ces émigrés qui chérissent leur pays d’accueil. Après s’être installé en France dans les années 70, cet émigré revient au Maroc dans les années 80 et s’y installe de manière définitive en 1990. Aujourd’hui, Mekki Mestari est devenu un investisseur potentiel dans son pays d’origine. Il est le propriétaire de plusieurs hôtels à Marrakech dont, entre autres, « L’Eldorador » dirigé par sa fille Widad.
Ceux qui ne le connaissent pas pourraient croire que cette situation est le résultat d’un long processus de travail et de calculs. Si Mekki Mestari est devenu aujourd’hui un opérateur touristique, c’est grâce à ses efforts personnels certes, mais pas uniquement. Ce serait selon lui un véritable coup du destin. En effet, selon ses propres dires, rien ou presque ne semblait le prédestiner à devenir un hôtelier. Il y a quelques années seulement, il ne savait pas que sa vie allait prendre une telle tournure.
Aujourd’hui, il en parle avec fierté. « Au départ, je m’étais rendu en France pour faire des études en génie informatique », souligne M. Mestari. Mais le destin en décidera autrement. Mestari raconte que pour pouvoir financer ses études, il devait nécessairement travailler. C’est ainsi qu’il intègre une agence de voyages de la capitale parisienne. C’est à ce moment précis que se produit le déclic. Ce déclic va transformer sa vie. Au lieu de devenir un informaticien, il sera opérateur touristique. Alors qu’il avait à peine 20 ans, Mestari se découvrira une véritable passion pour le tourisme. « C’est dans cette agence que je vais attraper le virus du tourisme », déclare Mestari. Ceci comme pour dire qu’il sera complètement envoûté par ce secteur. Mais cet envoûtement était quelque peu provoqué. Pour être plus précis, le directeur de cette agence a fait comprendre à Mestari qu’il était fait pour devenir un agent touristique. « Le directeur de l’agence a été l’un des premiers à m’encourager, il a remarqué que je savais parler aux gens et il m’a poussé à emprunter cette voix », raconte-t-il. 
Aujourd’hui encore, il s’en souvient et n’hésite pas à remercier cette personne qui quelque part lui a été d’une aide importante. « Pour un émigré, c’était très difficile de tomber sur des personnes qui vont vous soutenir et vous ouvrir leurs portes, surtout à cette époque «  souligne t-il.
L’aventure commence donc en 1973. L’agence où il travaillait avait créé un département pour les billetteries. Ce qui s’est transformé par la suite en Conseil voyages et stimulation appelé COVOS. Tout de suite après, il sera derrière le projet de création de l’hôtel Phénicia en France. Quelques années après, il ouvrira une agence dans le Pas-de-Calais. Jusque-là, cet émigré marocain avait déployé tous ses efforts dans le secteur touristique en France. Ceci dit, il proposait à ses clients français plusieurs voyages à destination du Maroc. Il avait une pensée pour la France et une autre pour son pays d’origine. Cet émigré ne demandera pas la nationalité française même si, selon ses dires, il est considéré comme citoyen privilégié, en raison de son long séjour à l’Hexagone. Pour expliciter davantage son amour pour son pays, il n’hésite pas à déclarer que sa devise, est « le défi et le patriotisme ». Une manière comme une autre pour lui de dire qu’il est resté profondément attaché à son pays.
Après avoir débuté sa carrière en France, M. Mestari s’installera pour une première époque au Maroc en 1976. Son mariage avec une Marocaine sera une des raisons pour qu’il s’installe de manière définitive au Royaume. M. Mestari avait en effet comme ambition d’investir chez lui dans l’industrie hôtelière. À cette même époque, il avait demandé une licence d’agence de voyages sur Casablanca au ministère du Tourisme. Mais cette licence lui sera refusée. On lui explique qu’il y avait beaucoup trop d’agences dans cette métropole. Pour une question de forte concurrence, la création de cette agence ne pouvait pas avoir lieu. Mais M. Mestari ne baissera pas les bras. En 1978, on lui donne enfin l’autorisation pour qu’il puisse ouvrir une agence à Agadir : « Agma Tour ». Entre-temps, il rencontre un opérateur français de Corail-voyages qui lui propose de s’associer avec lui à hauteur de 50 %. Cette entreprise aurait bien fonctionné. Ceci a tel point qu’en 1980, cet investisseur marocain contribue à l’ouverture du premier TO en 1980 : « Maroc-Loisirs ». En 1984, il y aura la création du club « Cata-club » à Marrakech. Ce club connaîtra plusieurs difficultés d’ordre financier, mais continue à exister jusqu’aujourd’hui.
Il fait partie des ensembles touristiques qui sont la propriété de Mekki Mestari. Il possède aujourd’hui l’hôtel l’Eldorador à Marrakeh, le Cataclub ainsi que le Paladien. Malgré des difficultés dues au manque de facilités bancaires, M. Mestari a continué son périple touristique en suivant la parole de son premier recruteur. Aujourd’hui, il passe le relais à sa fille Widad qui dirige l’hôtel « L’Eldorador ».

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