Mesure des déséquilibres mondiaux : Le G20 à la recherche d’un accord

Mesure des déséquilibres mondiaux : Le G20 à la recherche d’un accord

Déterminée à réformer le système monétaire pour rééquilibrer l’économie mondiale, la présidence française du G20 va plus modestement s’attaquer, dès sa première réunion officielle vendredi et samedi à Paris, aux divergences entre les Etats membres sur la mesure des déséquilibres. La France va lancer, avec les ministres des Finances et gouverneurs de banque centrale des principaux pays riches et émergents, ses chantiers prioritaires: régulation des marchés des matières premières, amélioration de la gouvernance mondiale et réforme du système monétaire international. Cette dernière, défendue aussi par le Fonds monétaire international (FMI), est la réponse de Paris à la «guerre des monnaies» qui a fait rage à l’automne et donne encore lieu à des escarmouches répétées, sur fond de déséquilibres croissants entre les économies. La présidence française cherche notamment les moyens d’inciter la Chine, accusée de maintenir artificiellement sous-évalué le yuan pour doper ses exportations, sur la voie de la convertibilité de sa monnaie. Mais avant de traiter le mal, les grands argentiers doivent établir un diagnostic partagé. Les indicateurs des performances économiques, thermomètre censé mesurer les déséquilibres mondiaux, seront donc au cœur de leur réunion.
«Notre espoir, c’est de parvenir à des indicateurs dès samedi prochain», a déclaré la ministre française Christine Lagarde en présentant ses priorités. Elle a toutefois admis qu’il n’y avait «pas d’accord à ce jour», «sinon on se réunirait samedi pour enfiler des perles». L’idée, actée lors du dernier sommet du G20 en novembre à Séoul, est de mettre au point une liste d’indicateurs pour faire une première évaluation des Etats membres d’ici mi-2011, espère-t-on à Paris. La seconde moitié de l’année serait ainsi consacrée à l’examen approfondi, assorti de recommandations de politique économique, des pays qui, selon les termes de Christine Lagarde, «divergent trop fortement d’un chemin de croissance optimal pour la communauté internationale». Mais des «débats assez durs» ont opposé pays riches et émergents avant ce G20 Finances, selon une source proche des négociations. Les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), et en particulier Pékin, ont émis des réserves sur ce processus d’évaluation. Les pays occidentaux en ont accepté le principe, même si certains «y voient une manière bien compliquée pour traiter, in fine, du problème de la Chine», de ses excédents commerciaux insolents et de ses réserves de change colossales, relève cette source. Quant à la liste des indicateurs, les négociations sont ardues. Un accord est «probable» sur cinq mesures, a affirmé, mercredi, une source allemande: solde des comptes courants, taux de change réels, réserves de change, déficit et dette publics, épargne privée. Mais dès qu’il s’agit d’analyses plus pointues, chaque pays semble ne vouloir retenir que les indicateurs qui reflètent le moins ses déséquilibres.

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