Mesurer les niveaux de maturité des technologies au menu des débats

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L’Académie Hassan II des sciences et techniques érige le pont entre scientifiques et industriels

Réussir la transition entre «innovation» et «industrialisation» des projets. Tel a été l’objectif de la session ordinaire organisée, mercredi 17 mai, à Rabat à l’occasion du 11ème anniversaire de la mise en place de l’Académie Hassan II des sciences et techniques. Sous le thème «De la recherche à l’industrialisation : quel éclairage permet d’apporter l’échelle de mesure des niveaux de maturité des technologies (Technology Readiness Levels-TRLs)», cette rencontre de haut niveau a réuni des chercheurs scientifiques et experts du monde de l’industrie. Ainsi, il a été question de créer un pont entre les deux sphères pour hisser l’industrie au Maroc et porter un appui au Plan de l’émergence industrielle que connaît le pays. Selon les académiciens, le Maroc a consacré des montants importants pour le financement de la recherche qui cible l’industrie automobile, l’aéronautique, et les énergies renouvelables. Pour la communauté scientifique, le pays ambitionne de renforcer son offre, tant sur le marché intérieur qu’à l’export. Or, selon les experts présents aucun développement technologique ne peut aboutir si une attention particulière n’est pas apportée aux différentes étapes allant de la recherche jusqu’à l’intégration industrielle.   

Au cours de cette conférence, Nakita Vodjani, membre de l’Agence nationale de la recherche (France), a mis l’accent sur l’importance du processus du choix des projets de recherche scientifique à forte valeur ajoutée pour l’industrie. Elle a également partagé avec les experts présents les instruments pour stimuler le partenariat avec les entreprises et le transfert des résultats de la recherche publique vers le monde de l’économie. A cet égard, l’échelle de mesure des niveaux de maturité des technologies est reconnue de par le monde comme étant un outil de gestion de la recherche et développement, de transfert de technologie, de financement de l’innovation et des projets collaboratifs.

Cette session a permis de partager les expériences, notamment en matière de définition des rôles, d’évaluer la qualité et la pertinence des projets à travers les cahiers des charges des appels à projets.

Un prix Nobel parmi les nouveaux membres

Au cours de cette conférence, Omar Fassi Fihri a révélé les noms des nouveaux membres de l’académie dont la nomination officielle sera effectuée au cours de la prochaine session solennelle. Il s’agit d’abord du  professeur Alan Jay Heeger, Américain, prix Nobel de chimie (2000) et professeur à l’Université de Pennsylvanie. Il a été nommé en qualité de membre associé. Ensuite, le professeur Abdeljabbar El Manira, membre correspondant de l’Académie Hassan II des sciences et techniques depuis 2013, et qui est également membre de l’Académie royale des sciences de Suède. Il a été nommé en tant que membre résident. Puis, le professeur Abdeslem El Khamlichi, enseignant-chercheur en neurochirurgie, nommé en tant que membre correspondant. Enfin, en qualité de membre correspondant, le professeur Ali Benomat, enseignant-chercheur en neurochirurgie à la Faculté de médecine et de pharmacie de Rabat.

Questions à Omar Fassi Fihri, secrétaire perpétuel de l’Académie Hassan II des sciences et techniques

ALM : La thématique de la conférence intervient dans un contexte particulier pour l’académie, pouvez-vous nous en dire plus ?

Omar Fassi Fihri : L’académie tient chaque année une session plénière solennelle à la deuxième moitié de février, mais durant toute l’année nous tenons des sessions ordinaires. Celle que nous avons tenue est particulière puisqu’elle commémore l’installation par Sa Majesté le Roi Mohammed VI le 18 mai 2006 au Palais d’Agadir de l’Académie Hassan II des sciences et techniques. Cette session porte sur un thème particulièrement important pour le développement de notre pays, à savoir le rôle de l’innovation dans l’industrialisation.

Justement comment comptez-vous contribuer à la promotion de l’innovation ?

D’abord, en initiant le débat en invitant à la fois les entreprises et les principaux acteurs qui sont sur le terrain mais aussi les académiciens, c’est-à-dire les chercheurs universitaires qui peuvent aider à la recherche et au développement des entreprises et en particulier dans le secteur industriel.

Si vous deviez faire un bilan, quelles seraient les principales conclusions ?

Le but de la journée a été d’écouter les partenaires économiques et industriels et voir quels sont leurs besoins, si les équipes de recherche au sein des universités peuvent apporter des contributions à améliorer la recherche & développement au sein de ces entreprises. Parmi ces recommandations il faut d’abord une volonté très forte de la part des décideurs pour encourager les relations entre l’université et le monde industriel. Ensuite, il faut dégager des moyens. En effet, les moyens financiers peuvent être mobilisés plus facilement que les moyens humains. Il faut vraiment investir dans la formation, toutefois on a un retard à rattraper parce que le nombre d’enseignants-chercheurs par rapport au nombre d’étudiants et par rapport aux besoins nécessitant le développement du pays reste insuffisant. Ceci étant, le budget doit être orienté vers des objectifs précis et c’est pour cela que le rôle des ressources humaines est très important.   

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