micro-crédit : 250.000 bénéficiaires

L’économie solidaire fait son bout de chemin au Maroc et son importance s’est accrue sous l’effet des inégalités sociales mises à nu par les attentats terroristes du 16 mai. En effet, depuis la fin de la décennie 90, des organismes de micro-crédit ont renforcé leur positionnement sur la niche des prêts à destination de la population démunie qui vit en dehors du circuit bancaire et les organismes de crédit formel. Actuellement, et selon les chiffres de la Fédération nationale des associations de micro-crédit (FNAMC), ce sont plus de 250 mille clients actifs qui bénéficient de leurs prestations dont 80 % sont des femmes. Quant aux micro-entreprises , qui se sont développées grâce aux institutions de micro-crédits, il sont estimés aujourd’hui à 500 mille avec un potentiel de développement de1.200.000. Le marché reste partagé principalement entre trois acteurs : Amana, Zakoura et la Fondation Banques Populaires pour le micro-crédit (FBPMC) avec un taux de remboursement supérieur à 99 %. Historiquement, c’est sous l’impulsion de l’organisation non gouvernementale l’AMSED (Association marocaine solidarité et échanges pour le développement) que le concept micro-crédit a pris naissance sur le marché local. Le premier prêt fut octroyé en 1993 à une femme. Plusieurs autres institutions, dont l’ambition était nationale, sont ensuite apparues renforçant ainsi la taille du secteur. En fin 90, l’activité de micro-crédit a pris un tournant grâce au programme « Microstart » financé par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Pour preuve, l’émergence de cette économie solidaire a permis au Royaume de détenir la moitié de part de marché dans la micro-finance au niveau de la région Afrique du Nord et le Moyen-Orient (MENA). «Nous estimons que les gisements du développement sont importants. L’enjeu est d’encourager la mobilisation de ressources financières en vue de financer les projets proposés par les institutions de micro-crédits (IMF) », martèle Reda Lamrini, Président de la FNAMC et de l’association « Inmaa ». Sur le plan juridique, les premières bases réglementaires de cette activité ont été établies par le Dahir 1-99-16 qui a fixé le montant maximum des prêts à 50 mille DH. En février 2000, le ministère des Finances a commencé à attribuer les licences permettant d’accorder des crédits, mais pas de collecter l’épargne. Parmi les exigences prévues par ce texte, la nécessité de garantir la viabilité de l’IMF avant cinq ans. De ce fait, chaque association doit, pendant cette période, réussir à substituer peu à peu les subventions par des fonds propres provenant en partie des produits de l’activité. A défaut, l’Etat procédera au retrait de la licence d’exercice et la redistribution des fonds aux autres associations. D’ailleurs, une grande partie des fonds prêtés provient des financements des programmes de la coopération internationale (PNUD, USAID, Programme MEDA I…). Le seul don public marocain était octroyé par le Fonds Hassan II pour le développement en mars 2000. D’un montant de 100 millions de DH, ce financement a été accordé à trois associations. Au-delà des contraintes de levée de fonds pour financer leurs prestations, les sociétés de micro-crédits manifestent un besoin au niveau managérial et de moyens matériels surtout sous l’effet de l’augmentation de la demande. Pour consolider les acquis de cette niche qui contribue à pallier le déficit de bancarisation (18 %) la FNAMC travaille sur une série de chantiers pour la mise à niveau de cette nouvelle économie basée sur la solidarité. Il s’agit, entre autres, de la normalisation comptable, la charte de déontologie, la répartition des fonds publics entre les IMC. Le débat sur l’élargissement des activités de ces instituons vers d’autres secteurs tels que l’énergie et l’immobilier est également initié par les 12 associations affiliées à la Fédération. Le secrétaire d’Etat à l’Habitat et l’Urbanisme, Taoufiq Hjira a même proposé que les sociétés de micro-crédit financent des demandes d’acquisition de logements et l’amélioration de logements existants. Un projet est en cours de finalisation dans ce sens.

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