Microsoft lorgne le marché des PME-PMI

ALM : Dans un contexte de morosité du marché des technologies de l’information, quel a été le bilan de votre filiale dans la région et au Maroc pour l’année 2002 ?
Karim Bernoussi : Pour l’année fiscale qui s’étend sur la période de juillet 2001 jusqu’à juin 2002, le chiffre d’affaires de Microsoft Afrique du Nord a enregistré une croissance de l’ordre de 34 %. Le Maroc, lui seul, a réalisé une croissance qui se situe entre 25 et 30%. Plus spécifiquement, le marché marocain est subdivisé en deux segments de marché. Le marché des grands comptes continue sa croissance qui a atteint plus de 35%. Par contre, pour la troisième année consécutive, le marché des PME-PMI stagne autour de 4 %. Comparativement aux autres pays de l’Afrique du Nord, le Maroc représente 65 % de notre business, suivi de l’Algérie (25 %) et la Tunisie (10 %).
Cette importance se répercute sur la répartition des ressources humaines. Microsoft Afrique du Nord emploie actuellement 70 personnes dont 50 sont basées à Casablanca et à Rabat.
Sur le segment des PME-PMI, vous allez lancer début mars une opération « Objectif performance » qui cible cette catégorie d’entreprise. Quelles sont les grandes lignes de cette nouvelle campagne marketing ?
Ce programme vise à développer notre positionnement sur le marché des PME-PMI qui souffre d’une sous-utilisation des technologies de l’information. Concrètement, nous ciblons 500 entreprises pour les équiper d’une suite logicielle basée sur l’outil bureautique Office XP Professionnel et le logiciel Serveur Small Business Server. Nous comptons focaliser notre offre sur les entreprises qui disposent d’un parc d’ordinateurs qui se situe entre 10 et 50 PC. Microsoft investira dans ce projet 10 millions de Dirhams en produits et services offerts.
Cette offre comprend un pack «Performance » : installation, formation, des responsables réseau ainsi que des utilisateurs finaux, en plus de l’accompagnement technique. Sur le plan formation, nous allons nous associer à trois centres de formation : GSI, Data Link et Fourth R.
En parallèle à cette action, quels sont vos projets pour l’année 2003 ?
Notre objectif est de pouvoir arriver à croître notre chiffre d’affaires de 8 % sur le marché des PME-PMI et à conserver une croissance soutenue sur le segment des grands comptes (15-20 %).
L’encouragement des accords-cadres avec les grandes entreprises est aussi un axe stratégique de notre développement. Actuellement, nous avons pu conclure plus de 20 accords de ce genre au Maroc.
Au niveau de la démarche, à la différence des opérations que nous avons menée sur le marché des PME-PMI, dorénavant, notre objectif est de faire un suivi minutieux des clients et des partenaires tout au long de la chaîne marketing.
Pour pouvoir faire aboutir ces objectifs, nous venons de procéder à une nouvelle réorganisation régionale. De nouveaux managers viennent de nous rejoindre. Il s’agit de Nabil Medkouri, directeur marketing, Philipe Montant, directeur PME-PMI.
Un ex-Microsoft France a renforcé notre équipe à la tête des «services», en l’occurrence, Benoît Bennetot. Le département Avant Vente, il a été confié à Setphane Consalvi.
Enfin, compte tenu de la taille critique de nos ressources, un directeur de RH a été nommé en la personne de Hynd Chkili.
A noter que ces managers ont un rôle régional et gèrent l’activité dont ils sont responsables dans les 3 pays (Maroc, Algérie et Tunisie).
Récemment, une nouvelle commission pour l’administration en ligne vient d’être créée à l’initiative du gouvernement. Comment évaluez-vous l’état d’avancement de ce chantier au Maroc ?
Je crois que sur ce volet, il faut qu’il y ait une volonté politique au plus haut niveau gouvernemental associée à des managers ayant un leadership. Je m’explique, il est nécessaire de créer une émulation entre les administrations pour offrir aux citoyens des services de proximité : l’extrait d’acte de naissance en ligne, le permis de conduire et les documents administratifs… Je suis convaincu que si le ministère des Finances offre aux entreprises la possibilité d’effectuer leurs télé-déclarations fiscales sur le Net, le tissu économique suivra au niveau de l’appropriation des technologies de l’information.
Ce chantier est tributaire également du développement de l’Internet. Il est urgent et prioritaire à mon avis que l’Etat, par le biais de sa politique dans les Telecoms, encourage la tendance baissière des prix des communications téléphoniques.
Parallèlement, l’évolution de l’équipement en ordinateurs exige une action des pouvoirs publics pour contribuer à la baisse du coût d’acquisition des machines.
En relation avec le développement de l’Internet, que pensez vous de la panne du processus de la libéralisation des télécoms ?
Microsoft a beaucoup tablé sur l’aboutissement du processus de la libéralisation de la téléphonie fixe. Cependant, les résultats étaient décevants. Le Maroc est contraint de relancer ce processus pour pouvoir booster le développement de l’Internet et baisser les coûts des liaisons spécialisées.
L’octroi d’une licence data (données) et Internet constituent une décision déterminante dans la mise à niveau technologique du tissu économique. Cette exigence devient tellement pressante d’autant plus que le Royaume négocie des accords d’association avec l’Union Européenne et une zone de libre-échange avec les Etats-Unis.

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