Mise à niveau urbaine d’Agadir : Le quartier Talborjt à la recherche d’un nouveau souffle

Mise à niveau urbaine d’Agadir : Le quartier Talborjt à la recherche d’un nouveau souffle

La vision au cœur de ce travail est la création d’une zone commerciale ouverte avec une organisation des activités, un modèle de gestion qui s’apparente à ce qui existe déjà dans nos médinas.

La transformation des principales artères du quartier Talborjt se poursuit. Le chantier de réhabilitation de la zone est au stade de sa deuxième tranche et il n’est pas loin d’être achevé, assure Hind Marhfour, architecte, en charge de la conception du projet et du suivi des ouvrages.

Pour rappel, ce chantier vise le réaménagement urbain des principales artères de la zone pour un coût global de 70 millions DH dont 54 millions DH pour la deuxième tranche. Celle-ci couvre le réaménagement de toute l’avenue Président Kennedy et l’avenue du 29 Février, les abords du jardin Olhao et une partie de l’intérieur de Talborjt. Le tout avec pour objectif de redonner du souffle à cette zone commerciale qui, avec l’extension d’Agadir et l’implantation de nouvelles zones commerciales, est, quelque peu, tombée dans la crise depuis près de quinze ans. A l’initial, cette démarche de redynamisation du commerce dans ce quartier avait été entreprise sur la base d’études réalisées  dans le cadre de la coopération Souss-Massa-Iles Canaries. Des fonds européens importants dans le cadre de cette collaboration avaient été mobilisés pour ces études de développement stratégique de la zone. La vision au cœur de ce travail est la création d’une zone commerciale ouverte avec une organisation des activités, un modèle de gestion qui s’apparente à ce qui existe déjà dans nos médinas. Aussi une profonde réflexion avait été menée sur les aspects  socio-économiques et urbanistiques.

Mais ce qui devait donner un véritable élan à l’activité commerciale et s’inscrire dans un plan intégral de dynamisation socio-économique visant d’autres villes de la région telles Agadir, Inezgane et Taroudant, se limite pour l’heure à une mise à niveau urbaine de la localité sans véritable impact jusqu’à présent sur l’activité commerciale. Et pour cause faute d’une véritable communication entre conseil communal et commerçants du quartier. Mais pas seulement.

Ce chantier, qui a causé du  désagrément aux habitants et aux commerçants sans oublier les usagers de ce quartier, ne pourrait être considéré comme véritablement réussi sans une remise en ordre de l’occupation de l’espace public par les terrasses des cafés. Une occupation qui laisse par endroit peu de place à la circulation des piétons. «L’embellissement de la zone et son attractivité passent aussi par une homogénéisation des terrasses et des façades», indique l’architecte du projet, Hind Marhfour. Pour l’heure, bien que ces aspects aient été définis dans un cahier des charges élaboré par l’architecte et les équipes techniques de la commune, on ne sait quelle démarche de communication a été entreprise auprès des commerçants à ce sujet. Idem pour l’affichage qui reste encore à uniformiser comme le veut la vision du projet. Des actions restent aussi à entreprendre pour la gestion du stationnement dans la zone, la détermination des activités à autoriser dans la localité sans oublier la sécurité dans le quartier.

Le tout n’aboutira sûrement pas sans communication entre toutes les parties intervenantes et celles concernées. Pour passer d’un projet de réaménagement tout court de la zone à la mise en place d’un véritable concept de zone marchande ouverte animée et active, il est aussi indispensable que des collectivités telles que la commune urbaine et la Chambre de commerce accompagnent les acteurs économiques de la zone. Il est en effet question d’engagement de la part de tous, institutionnels comme acteurs économiques, pour assurer la vitalité de ce projet. De même, à former tous ensemble un plan d’action pour la gestion et l’animation du quartier. Le tout ne se fera pas sans la mise en place du modèle de gouvernance retenu. Pour cela, il est nécessaire d’agir en synergie. Elus locaux, administrations publiques, association professionnelle de commerçants et Chambre de commerce sont tous concernés. Qui prendra ce chantier à bras le corps après l’achèvement des travaux? Tout n’est en fait qu’une question de gouvernance, de gestion et d’organisation des commerçants. Reste plus qu’à les aider à y arriver. Il y va de la compétitivité et la rentabilité du commerce local.

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