Mises en garde de la B.M.

Il va sans dire que la région Mena, où les conflits armés sont les plus fréquents et les plus violents (Palestine, Irak, Algérie…), souffre, dans son ensemble, d’une grave crise économique. Les résultats commerciaux sont faibles et le climat de l’investissement et des réformes est incertain. C’est ce qui a été affirmé, la semaine dernière, par les experts de la Banque Mondiale, réunis à Rabat, pour présenter le dernier rapport sur le commerce, l’investissement et le développement dans la région Mena (Moyen-Orient et Afrique du Nord). La Banque Mondiale classe les pays Mena en trois grands groupes. Premièrement, les pays riches en main-d’oeuvre, mais pauvres en ressources: Maroc, Egypte, Liban… Deuxièmement, les pays riches en main-d’oeuvre et riches en ressources: l’Algérie, l’Iran, le Yemen… Et enfin, les pays importateurs de main-d’oeuvre et riches en ressources: tous les Etats membres du Conseil de Coopération du Golfe. Malgré cette diversité, l’ensemble de ces pays n’ont pas réussi à créer une complémentarité entre eux. Leurs ratios commerciaux sont pratiquement identiques. De prime à bord, Pedra Alba, responsable sectoriel de la politique économique à la Banque Mondiale, a affirmé que « la région Mena a besoin de passer à un nouveau modèle de croissance et de création d’emploi ». Pour lui, « le développement du commerce extérieur peut aider la région à relever ces défis ». Ainsi, cette région peut réaliser une croissance du PIB de l’ordre de 6% par an et de l’emploi d’environ 4,5% par an grâce au développement du commerce extérieur. Les emplois proviendraient d’une hausse des exportations manufacturières marchandes, de l’agriculture, des services intérieurs et du tourisme. D’ailleurs, les potentialités ne manquent pas: les exportations sont au tiers de la capacité. « Si ce potentiel commercial et le potentiel en investissement direct étranger ont atteint la moitié, le PIB par habitants des pays Mena pourrait atteindre 4% an », assure Pedro Alba. Pour cela, la Banque mondiale propose plusieurs réformes. Certes, les conflits armés sont à l’origine des retards enregistrés dans la région Mena. Mais les politiques intérieures, caractérisées par un fort protectionnisme, sont également responsables. Tout d’abord, les pays Mena doivent instaurer un climat propice à l’attrait des investissements. Concernant les réformes commerciales, il y a lieu de réduire les tarifs douaniers et les barrières non-tarifaires. Cela revient à stopper toutes subventions octroyées aux secteurs jugés « stratégiques » par les pays de Mena. C’est le cas de l’agriculture pour le Maroc. En somme, la Banque Mondiale prône une adaptation des politiques à la diversité des pays. La libération des services est également importante. C’est le cas des télécoms par exemple, car la Banque Mondiale a constaté que la performance des exportations et la qualité des télécoms vont de pair. En outre, la Banque propose de revitaliser les accords commerciaux intra-régionaux et ceux conclus avec l’Union Européenne. En effet, le commerce intra-régional demeure très faible, comparé à d’autres zones économiques similaires telles que le Mercosur ou l’Asean. Là encore, les politiques des pays sont pointées du doigt. Face aux défis de la mondialisation, les pays de la région Mena, et ceux de l’UMA notamment, doivent entamer une véritable intégration. Si les obstacles politiques ne sont dépassés, les conséquences risquent d’être catastrophiques sur les économies de ces pays.

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