Mohamed Fikrat: En 10 ans nous avons réduit nos émissions CO2 de 43%

Mohamed Fikrat: En 10 ans nous avons réduit nos émissions CO2 de 43%

Entretien avec Mohamed Fikrat, président-directeur général de la Cosumar

ALM : Le Maroc abrite l‘événement planétaire du climat. En tant qu’entreprise  eco-responsable, quelles sont les actions prévues par la Cosumar en marge de la COP22 ?

Mohamed Fikrat: En tant que groupe agro-industriel privé, le Groupe Cosumar sera présent pendant la COP22 à travers son engagement au sein de la CGEM. En tant que partenaire, nous sommes mobilisés dans les actions entreprises par la CGEM, notamment les initiatives pour l’environnement, l’eau et le climat. Aussi, nous avons organisé une journée labellisée COP22  le 27 octobre dernier où nous avons présenté le bilan carbone de la filière sucrière. Nous nous sommes alors engagés à respecter le Pacte Qualit’AIR lancé par la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement et la CGEM.

Cosumar déploie un management environnemental rigoureux. Quelles sont les grandes lignes de votre vision?

La production de sucre blanc est obtenue selon deux procédés :  l’extraction de sucre des plantes sucrières et le raffinage de sucre brut importé qui complète la production nationale. L’extraction de la betterave et canne à sucre cultivées localement dépend donc de l’agriculture et est particulièrement sensible aux dangers du changement climatique. La préservation de l’environnement est donc un des axes de notre engagement RSE.  Nous avons eu par le passé des années où la production était très impactée par des catastrophes naturelles directement liées aux conséquences du changement de climat : des inondations, des épisodes de gel sévère, des sécheresses impactant l’économie de notre filière et notamment l’agriculteur et l’industriel. Les pertes de production agricoles ont engendré des baisses de revenu pour les agriculteurs et pour cela, la question climatique a très tôt été prise en considération par notre Groupe.

Notre engagement environnemental repose sur une gestion responsable et raisonnable des ressources naturelles telles que l’eau ainsi que l’économie d’énergie et la réduction drastique de nos émissions et de nos rejets. Notre vision se traduit par un objectif clair : à l’horizon 2020, nous ambitionnons de réduire de 20% nos émissions carbone et de 47% notre consommation d’eau.

Quel bilan faites-vous des actions engagées par la Cosumar sur le plan environnemental ?

Nous avons opté pour des technologies dites propres pour réduire notre consommation d’énergie et par la même occasion minimiser l’impact de notre activité. Les investissements de restructuration de la filière qui ont atteint en tout les 7 milliards de dirhams ont également concerné des installations d’économie d’eau et de traitement de rejets afin de limiter notre consommation d’eau. Ces actions se sont traduites par une économie de l’eau industrielle de 76%. D’un autre côté les investissements d’économie d’énergie et d’efficacité énergétique ont permis d’atteindre  des résultats très satisfaisants, puisqu’en 10 ans nous avons réduit nos émissions CO2 de 43%.   Aujourd’hui ces émissions sont de 0,525 kg CO2/kg de sucre, sachant que les plantes sucrières permettent l’absorption de 0,764 kg CO2/kg de sucre, se traduisant donc par un bilan favorable pour l’environnement.

Quel message avez-vous à transmettre aux industriels marocains pour l’intégration de la donne environnementale dans leur plan de développement ?

La dimension environnementale aussi bien que sociale est devenue essentielle et est de plus en plus prise en considération par les industriels de notre pays. La consommation intense des ressources naturelles dues aux activités humaines peut provoquer des dégâts environnementaux considérables et une gestion non rationnelle des ressources peut avoir des conséquences irréversibles et sont la cause directe du réchauffement de notre planète.

La prise de conscience des industriels marocains est bien réelle et la notion de responsabilité sociétale de l’entreprise se généralise dans notre pays. Les entreprises n’ayant pas encore intégré la donne environnementale dans leur plan de développement devraient considérer les bénéfices importants que constitue cette démarche car elle conditionne la préservation de nos ressources et de notre planète pour les générations futures. Cette démarche, qui est avant tout volontaire mais aussi vertueuse, est intéressante car elle améliore la compétitivité par la consommation raisonnée des ressources et permet d’atteindre l’efficience.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *