Mohamed Fikrat : «Nous voulons introduire de nouvelles technologies»



ALM : Quel bilan faites-vous du secteur après une année de la mise en œuvre du contrat programme signé lors des premières Assises nationales de l’agriculture ?
Mohamed Fikrat :  Ce contrat programme est très important pour nous parce qu’il nous permet de partager ensemble des ambitions sur les cinq ans à venir de 2008 à 2013 afin de consolider et développer l’activité sucrière qui est très importante pour l’économie alimentaire de notre pays. Nous assurons grâce aux dix sucreries, opérant dans cinq régions du Maroc, 45% de la production nationale. 55% des sucreries brutes que nous importons, nous les raffinons à la raffinerie de Casablanca. Nous arrivons jusqu’à aujourd’hui à assurer un approvisionnement régulier sur tout le Royaume avec une bonne stabilité des prix et un respect des normes de qualité pour cette matière de base.
Dans ce sens, on a  détaillé un plan pour chaque région pour les cinq années à venir. Aujourd’hui, nous avons une couverture de 45% pour un marché qui évolue chaque année entre 20 et 25 mille tonnes de sucre supplémentaires. Nous ambitionnons atteindre un taux de couverture de 55% à l’horizon 2013 et nous tenons compte des augmentations dans les années à venir. Pour réussir cet objectif, nous envisageons d’augmenter avec les agriculteurs la production en introduisant progressivement les nouvelles technologies. Pour le volet industriel, nous avons un programme très ambitieux en termes d’investissements qui sont estimés à 3,5 milliards DH dont deux milliards DH, déjà engagés aujourd’hui. Ces investissements lourds ont pour objectif d’améliorer les performances techniques des raffineries et sucreries.

Quels sont les moyens que vous avez mis en place pour réussir ce programme ?
D’abord, nous nous appuyons sur les cinq contrats régionaux qui sont pour nous un pilier  important. On consolide aussi la tradition qui existe dans le secteur sucrier où nous avons l’avantage de jouer le rôle d’un agrégateur où il y a 80 mille agriculteurs qui travaillent avec nous. Nous sommes organisés par régions sous forme de comités techniques sucriers où il y a systématiquement les Associations des agriculteurs, l’Office de mise en valeur de la région et les ingénieurs et techniciens supérieurs des sucreries.
Ces comités gèrent et veillent à la bonne marche des opérations sucrières depuis leur début sachant que, nous en tant qu’agrégateur, nous pré-finançonts tout ce qui est intrant, les semences et produits de sanitaires.

Est-ce que vous avez constaté un changement au niveau de la consommation des produits sucriers en 2008 ?
La consommation du sucre suit la démographie. On a annuellement 1,8 à 2% d’évolution. Par contre, la structure de cette consommation change parce que le sucre se consomme sous deux formes soit de manière directe  soit de manière indirecte à travers la transformation dans les produits alimentaires. Il y a une évolution importante de la partie indirecte. Aujourd’hui, on peut dire qu’on est entre 25 à 30 % de manière indirecte  et 70 % de manière directe. Il faut noter que ce taux de 70 % diminue d’une année à l’autre au profit de la consommation indirecte ou transformée.

Comment voyez-vous l’avenir du secteur ?
Notre objectif est de réussir tous les investissements que nous avons déjà mis en place et qui commencent à donner leurs fruits. L’année 2008 a montré des résultats positifs qui nous encouragent à continuer à investir lourdement afin d’augmenter la production et rehausser la compétitivité de notre secteur.       

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *