Mohamed Lakhlifi : «Malgré un développement intéressant les dernières années, le marché des TIC reste de taille limitée»

Mohamed Lakhlifi : «Malgré un développement intéressant les dernières années, le marché des TIC reste de taille limitée»

ALM: Après avoir occupé le poste de vice-président de l’APEBI, vous en êtes élu aujourd’hui à la présidence. Quel serait donc votre plan d’action à moyen et long termes?
Mohamed Lakhlifi: Nous nous engageons aujourd’hui dans un vrai projet de transformation de l’APEBI pour en faire une fédération forte, orientée business et coopération et proche de ses membres. Sur le premier volet, nous souhaitons fédérer l’ensemble des acteurs du secteur et doubler le nombre des membres d’ici 2013. L’APEBI doit également jouer pleinement son rôle en s’impliquant en amont dans tous les dossiers stratégiques du secteur. Sur l’aspect opportunités d’affaires, l’APEBI doit être une plate-forme de coopération entre les entreprises, notamment TPE/PME locales et multinationales. Cela passe par une meilleure compréhension du marché et le développement de projets communs en local et à l’export. L’APEBI doit enfin apporter de la valeur ajoutée à ses membres en leur offrant plus de services et de proximité à travers des représentations régionales et des outils de coopération. Comme première mesure, une enquête sera rapidement effectuée pour mieux comprendre les attentes des membres. Pour atteindre ces différents objectifs, nous avons établi avec l’équipe du bureau actuel une feuille de route qui sera affinée avec les différents comités sectoriels et commissions de la fédération.
 
Sur quelle base reposerait votre vision afin de créer des opportunités de business concrètes entre les opérateurs marocains et leurs homologues étrangers?
Pour répondre à cela, nous devons à la fois augmenter la capacité des entreprises locales à exporter leurs services et favoriser les investissements d’entreprises étrangères au Maroc. Plusieurs moyens sont envisageables. Nous pensons par exemple au parrainage des PME/TPE marocaines par des multinationales dans le cadre de projets communs au Maroc ou à l’étranger, ou encore à la mise en place de consortiums constitués par des opérateurs marocains et étrangers pour répondre à des appels d’offres. Pour favoriser ce type de coopération, nous mettrons en place des relais à l’international, via des patrons marocains d’entreprises dans les TIC basées à l’étranger. Ils auront un rôle d’information mais également de promotion des TIC marocaines.
 
Vous comptez également créer des filières conseil et formation. Quelle serait la valeur ajoutée de ces deux segments? 
Le conseil et la formation TIC sont deux segments primordiaux dans notre secteur, le premier agit en amont pour donner les orientations et les axes d’évolution TIC, le second en aval pour assurer la montée en compétences des ressources humaines nécessaires à la conduite des projets. L’un et l’autre constituent des filières à part entière qui seront intégrées au sein de l’APEBI. De cette sorte, la fédération regroupera tous les acteurs de la chaîne de valeur de notre métier.
 
Quelles sont les faiblesses du marché des technologies de l’information et comment contribuerait l’APEBI à surpasser ces failles? 
Malgré un développement intéressant sur les dernières années, le marché des TIC reste en effet de taille limitée. La majeure partie des investissements va encore dans le hardware et les infrastructures télécoms. Il y a également un éclatement en termes d’acteurs sur ce marché. Nous comptons plusieurs entreprises souvent de petite taille et généralistes. Plusieurs leviers existent pour augmenter la taille du marché et le structurer telle que la dynamisation de la demande publique à travers des projets e-gov par exemple ou encore le marché des PME/PMI. La mise à niveau de leur système d’information et de leur gouvernance est critique pour leur modernisation et leur compétitivité.
Il s’agit aussi d’ouvrir les marchés de taille importante à des acteurs de petite et moyenne tailles par des actions en amont pour un «lotissement» des appels d’offres ou par la constitution de groupements homogènes de sociétés. L’export est également un axe de développement important. Les différents axes de notre stratégie (marchés, offres, ressources humaines, financement) vont dans ce sens.

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