Mokhtar Mimoun : «Notre plan d’action s’inscrit dans la continuité»

Mokhtar Mimoun : «Notre plan d’action s’inscrit dans la continuité»

Entretien avec Mokhtar Mimoun, nouveau président du conseil régional de l’Ordre des architectes de Tanger

Le nouveau président du conseil régional de l’Ordre des architectes de Tanger, Mokhtar Mimoun, parle du nouveau plan d’action de l’actuelle équipe et les différents problèmes dont souffre la profession.

ALM- Pourriez-vous nous présenter les nouveautés de votre plan d’action par rapport à celui du précédent bureau ?

Mokhtar Mimoun : Le plan d’action du nouveau conseil régional dont émane le bureau actuel que j’ai l’honneur de présider s’inscrit dans la continuité. Les priorités du corps des architectes restent les mêmes : assainir la profession, lutter contre le dérèglement prémédité de la libre concurrence, assurer une meilleure répartition de la commande publique-privée, améliorer les conditions de travail des architectes et permettre en somme à la profession de jouer son rôle central dans l’amélioration du cadre bâti de nos villes. Ce qui distingue ce nouveau conseil, c’est cette nouvelle énergie représentée par les jeunes architectes qui ont été élus et associés à l’expérience de confrères expérimentés, rodés dans la gestion des affaires et jouissant d’un capital de confiance de l’ensemble de la profession. Les dossiers ouverts par le conseil sortant seront menés à terme, mais avec un regard neuf et une énergie nouvelle. En plus de finaliser les dossiers en cours, le nouveau bureau envisage de fédérer essentiellement l’ensemble des architectes autour de la bonne pratique de la profession.

Comment expliquez-vous le fait que 67 architectes, sur le total de 240 que compte le conseil régional de l’Ordre, n’ont pas pu voter lors du dernier scrutin ?

C’est un problème récurrent rencontré lors de chaque scrutin. Du fait que la loi 16-89 régissant la profession prescrit que seuls les inscrits à jour de leurs cotisations peuvent jouir de leur droit de voter. Nous avons décidé de désigner une commission pour étudier mieux cette problématique et essayer d’y apporter des solutions . Il en est ressorti que des confrères ont cessé leur activité et ne l’ont pas encore déclarée. D’aucuns n’ont pas réglé leurs cotisations pour différentes raisons, d’autres ont quitté le territoire du conseil et sans y avoir fait une déclaration préalable, … Nous sommes ainsi amené à œuvrer en vue de réduire le nombre d’architectes qui ne votent pas. Il n’en empêche que la mobilisation au dernier rendez-vous électoral a été massive et sans précédent en comparaison avec les échéances antérieures : plus de 80% des inscrits y ont voté. Ce qui atteste d’un important capital de confiance qui nous a été délégué par nos consœurs et confrères.

Où en est la convention multipartite relative aux domaines de l’urbanisme,  du bâtiment et l’architecture, dont le conseil régional de l’Ordre des architectes est l’un des parties contractantes ?

La continuité dans l’application  de cette convention est une de nos priorités. Certaines décisions, comme l’instauration du cahier de chantier ou le cartouche unifié, la diffusion des statistiques sont en application et devraient être généralisées sur tout le territoire. D’autres décisions comme la mise en place du comité de suivi n’ont pas encore lieu. Les retombées de cette convention sont sans aucun doute bénéfiques pour toutes les parties, le citoyen en premier qui se voit offrir des prestations d’étude et de maîtrise d’œuvre professionnelles et responsables. La procédure mise en place a permis aussi de limiter les pratiques frauduleuses et irresponsables, surtout dans les communes où elle a été mise en vigueur. Il faut préciser que, malgré les rumeurs, le cahier de chantier est délivré à titre gracieux, seuls sont exigibles la contribution personnelle de l’architecte au fonctionnement du système. A ce titre et dans le cadre de perfectionnement et l’améliorations des termes de cette convention vers une version 2.0, le conseil est prêt à mettre en œuvre, toutes les démarches nécessaires au profit de nos concitoyens les plus nécessiteux afin de réactiver et intégrer le principe de l’assistance architecturale, prévu par la loi, à travers les territoires et tissus préalablement identifiés.         

Quels sont à votre avis les problèmes qui entravent la bonne marche de la profession ?

La liste des problèmes dont souffre la profession est longue. Tant que notre société ne prend pas conscience de l’apport réel de l’architecte dans la conception de nos villes, nos maisons et bâtiments publics, la profession doit continuer à faire face aux déviances au sein du corps des architectes et les entraves multiples et variées que nous rencontrons pour exercer un métier noble et nécessaire au développement de notre pays. L’Ordre des architectes travaille, à travers notre conseil, et avec l’appui de nos partenaires institutionnels et de la société civile, à identifier ces problèmes et à donner à ceux qui relèvent de sa compétence, des solutions conformément aux lois et nos règlements en vigueur. Nous distinguons, sans les énumérer tous, les sujets les plus importants comme l’assainissement de la commande privée, la régulation des honoraires dans ce secteur, les amendements au décret des marchés publics. Sans oublier notre apport à la mise à jour du statut de la fonction publique que réclament depuis longtemps nos confrères du secteur.

D’ailleurs, la dernière réunion que nous avons tenue a révélé le malaise général dans la profession sur la question des conditions de travail des architectes et de leurs honoraires.

Pourriez-vous nous présenter votre agenda des rencontres thématiques sur les questions prioritaires du secteur au titre de la saison 2018-2019 ?

Plusieurs commissions de travail ont été mises en place par le conseil des architectes et ont été mandatées pour gérer les dossiers importants et les  questions prioritaires. Une de ces commissions est chargée d’établir un calendrier de rencontres et d’événements dans la lignée de ceux qui ont eu lieu les années précédentes, mais nous présageons aussi d’élargir certains événements au public en général afin de mieux faire connaître notre métier et ce qu’il peut apporter aux petits et grands constructeurs.

Il faut préciser également que plusieurs propositions sont à l’étude dans ce contexte et l’agenda de la saison 2018-2019 sera finalisé et communiqué très probablement en septembre prochain.

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