Monnaie : Pékin fait un geste

Cette réévaluation, annoncée jeudi à Pékin, a provoqué une série de réactions de  satisfaction à travers le monde, étant généralement perçue comme "un geste"  positif de la part du grand exportateur qu’est la Chine envers les marchés  mondiaux envahis par ses produits.
Pékin était en effet accusé, entre autres, de sous-évaluer sa monnaie, et de créer ainsi une situation de concurrence que d’aucuns jugent "déloyale" sur un marché mondial où tout le monde cherche à préserver sa petite ou grande sa part. Cette concurrence a été en outre exacerbée dès le 1er janvier 2005, lorsque le système des quotas sur les importations textiles a été démantelé, mettant "en péril" les industries textiles des Etats-Unis, de l’Europe et de  leurs partenaires, en particulier méditerranéens. Certes ce n’est pas en une journée que l’on pourrait ressentir les effets  favorables attendus de cette réévaluation de 2,1 % de la monnaie chinoise. Et  s’ils saluent le déblocage d’une situation qui commençait visiblement à  empoisonner les relations commerciales internationales, les économistes jugent  toutefois la hausse du yuan modeste et l’impact économique de la mesure devrait  à leurs yeux rester limité.
Les Etats-Unis réclamaient d’ailleurs une réévaluation de 10 %. Aussi, et en l’attente d’un impact économique, les observateurs parlent-ils  d’un acte "clairement politique", et n’oublient pas qu’outre la réévaluation  vis-à-vis du dollar, les Chinois abandonnent par la même occasion l’arrimage de  leur monnaie à ce même dollar, optant pour un taux de change calculé selon une  appréciation de chaque devise par les autorités monétaires. Ces dernières  montrent ainsi un certain souci à prendre en compte les griefs de chacun des  partenaires commerciaux de leur pays.
Les réactions les plus autorisées et les plus significatives ne se sont  donc pas fait attendre. Le président de la Réserve fédérale américaine, Alan  Greenspan, et son homologue européen Jean-Claude Trichet ont salué, dès jeudi,  l’initiative chinoise, et le groupe des sept pays les plus industrialisés (G7)  en a fait autant. Le secrétaire américain au Trésor John Snow a salué une  décision qui apporte "une contribution significative à la stabilité financière  mondiale".

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