Mostapha Mellouk : «Il était temps de doter Casablanca d’un Observatoire urbain»



ALM : D’où est venue l’idée de créer un Observatoire urbain du Grand Casablanca?
Mostapha Mellouk : La création de cette instance est venue d’un simple constat des personnes actives au sein de l’Association du Grand Casablanca Carrières centrales, «Casablanca est en dégradation». Nous avons été interpellés par un certain nombre problèmes qui entravent le développement de la ville de Casablanca, à savoir la prolifération de la mendicité, la mauvaise gestion des déchets, la circulation infernale et bien d’autres. Tout cela pourrait, si on n’y trouve pas de solution, rendre la capitale économique du Royaume invivable. À aujourd’hui, la politique urbaine ne prend pas en considération les besoins des enfants et les déplacements des handicapés. Aussi il y a une réelle inadéquation entre les infrastructures existantes et l’accès aux services publics. Il n’est pas logique de voir des enfants jouer au foot à 22h00 dans la rue dans un quartier comme l’Oasis où se concentre un grand nombre de terrains de foot qui ferment leurs portes le soir venu. On relève également le problème de l’insécurité qui sévît dans la ville. C’est justement de cet ensemble de constats qu’est née l’idée de créer cet Observatoire. Il était temps de doter Casablanca d’un Observatoire urbain.

Quels seront, dans ce sens, vos interlocuteurs?
Nous nous adresserons principalement aux personnes qui ont la responsabilité d’intervenir. À savoir les élus locaux et le Conseil de la ville qui est actuellement en crise. Nous voulons sérieusement aider les élus à identifier les problèmes de leur commune et aller jusqu’à leur proposer des solutions. Il y a certains élus qui font très bien leur travail et assument grandement leur responsabilité, mais, dans l’autre cas nous voulons qu’enfin le citoyen puisse identifier les gens qui ne répondent pas à ces attentes. C’est une façon aussi de le responsabiliser face à ses choix lors des élections communales.

Comment s’organise l’Observatoire urbain du Grand Casablanca?
L’Observatoire comprend un comité éditorial composé de personnes que j’ai moi même choisi et d’autres qui se sont proposées spontanément parce qu’elles  se sont senties impliquées dans la cause de l’Observatoire. Cela nous a permis d’avoir parmi nous des personnes très compétentes et surtout très motivées. Ces deux ingrédients sont capables de faire des Marocains une population d’ingéniosité. Aussi, nous disposons de différentes équipes qui se chargent des projets. Ces équipes comprennent des urbanistes, des ingénieurs et des spécialistes selon la nature du projet. Ils élaborent des études où travaillent d’après des études qui existent déjà et dorment dans les placards par manque d’exploitants et se basent sur les données de nos partenaires nationaux et internationaux. Et enfin, l’Observatoire dispose d’une structure de gestion permanente qui travaille en interne, par exemple, à la création du site Internet de l’Observatoire. Ce site, qui verra le jour avant fin 2011, se voudra interactif afin de faire réagir le citoyen et de le responsabiliser dans la gestion locale de son espace de vie.

Quels sont les moyens dont dispose l’Observatoire pour faire pression sur les responsables?
Tous les moyens sont bons pour faire bouger les choses. L’appui de la presse et de l’opinion publique reste notre meilleur allié. Nous sommes sérieusement engagés à faire entendre la voix des citoyens auprès des responsables qui de leur côté procéderont à l’élaboration d’une meilleure vision de demain pour Casablanca. Nous sommes conscients que les élus ont leurs priorités, mais ils doivent les redéfinir pour y intégrer celles des citoyens. Et c’est à ce niveau que nous réagissons.

Quels sont votre plan d’action et vos priorités?
Nous avons déjà défini six chantiers qui nous semblent prioritaires et non des moindres. Mais, le plus urgent pour l’instant est celui de la collecte et du traitement des déchets ménagers et industriels. Ce chantier est d’une importance capitale étant donné l’état des décharges de Casablanca. Dans ce sens, nous avons diligenté une équipe de spécialistes qui va se charger d’élaborer un rapport là dessus et établir une liste de solutions potentielles à ce grave problème. Aussi, parmi les dossiers prioritaires, nous avons relevé le transport urbain, la lutte contre la précarité, la politique culturelle et la préservation du patrimoine, l’urbanisme, architecture et paysages de la ville ainsi que la place des enfants dans les politiques urbaines. Ainsi, nous travaillerons sur ces thématiques importantes et appuierons, à la demande, les acteurs de la ville dans leurs projets respectifs. Dans ce sens, nous réaliserons des études et enquêtes, nous assurerons la veille prospective pour anticiper les besoins à venir de la ville et organiserons des débats et rencontres réunissant des professionnels publics et/ou privés pour produire des propositions favorables au développement de l’agglomération de Casablanca.
Mais, nous procéderons, également, à l’élaboration de recommandations de projets, d’actions et de politiques de développement, nous participerons auprès des acteurs de la ville dans la définition et la mise en œuvre de leurs politiques et aussi à la promotion de Casablanca auprès des leaders d’opinion.

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