Mounir Bensaïd défend son centre

Mounir Bensaïd défend son centre

ALM : Entre le CNCE, l’OCE, la Maison de l’Artisan et la Direction des investissements extérieurs, quelle est la mission du CMPE ?
Mounir Bensaïd : Le Conseil national du commerce extérieur (CNCE) est différent du CMPE, puisque c’est une instance créée par la loi. Je dirai que c’est une institution à caractère consultatif appelée à formuler des recommandations, en plus d’un rapport annuel et de l’organisation des trophées de l’exportation.
L’OCE avait une mission importante quand elle avait le monopole de l’exportation des agrumes. Les vrais instruments de promotion dont dispose le Maroc aujourd’hui sont le Centre marocain pour la promotion des exportations (CMPE), la Maison de l’Artisan, l’Etablissement autonome de contrôle des exportations et l’Office national marocain du Tourisme (ONMT). Ces agences sont dédiées à la promotion avec un budget établi et un programme annuel.
Dans un environnement marqué par l’ouverture des marchés, le CMPE a-t-il encore sa raison d’être ?
j’entends souvent cette question : est-ce que ces différents instruments de promotion sont valables ? Il faut le dire, la promotion est l’une des activités les plus globalisées aujourd’hui. Le Maroc ne peut s’y soustraire. Ce que nous avons de différent par rapport aux autres pays, c’est l’absence d’une promotion de proximité. Nous faisons de la promotion à distance. A peine 50 millions de dirhams contre 50 millions de dollars pour la Tunisie.
Puisque le budget du CMPE reste relativement modeste,. pourquoi s’opposer donc à la création de l’ONIX ?
Au tout début, il y a eu une réflexion au niveau du CNCE pour mettre en place une entité qui regrouperait l’ONMT, la Maison de l’Artisanat, le CMPE et la Direction des Investissements extérieurs. L’idée du CNCE visait à faire une promotion de proximité. C’est vrai qu’entre l’ONMT et la Maison de l’Artisanat, qui ont des représentations à l’étranger, on peut faire de la promotion à moindre coûts. Mais par la suite, l’Office National de la promotion des Exportateurs (ONIX) a été refusé par ces deux institutions. Ne restait plus qu’un face à face entre la DIE et le CMPE. Un tel regroupement est loin de l’idée de départ du CMPE.
D’ailleurs, c’est le secteur privé qui s’est d’abord opposé à cette idée d’arrivée qui ne correspondait pas à l’énoncé de départ. De plus l’Office qui devait voir le jour devait être basé à Rabat (donc loin des exportateurs) avec des moyens limités. Nous ne nous sommes pas, quant à nous, opposés à la création de l’ONYX.
Pourtant il y a eu grève au CMPE…
Non, il y a eu protestation (sit-in) du personnel quand celui-ci a constaté une discrimination au niveau du libellé du projet de regroupement. Le projet est gelé, les institutions réfléchissent à une stratégie. Je rappelle que le CMPE était demandeur d’une réforme au début des années 90. Nous avions associé le CCI de Genève (référence en matière de promotion) à la réflexion. L’idée c’était de revoir les structures organisationnelles et de mettre en place des procédures de management par objectif.
Dernièrement, il y a eu beaucoup de missions en Afrique de l’Ouest. Peut-on avoir une idée chiffrée des retombées de ces tournées?
Un chiffre pour répondre. Au départ dans ces missions en Afrique, il y avait à peine 5 à 8 chefs d’entreprise. Depuis cinq ans, les études menées sur place ont permis de mener un travail de fond. Ce sont des dizaines d’entreprises qui sont demandeuses de ces missions. D’excellents résultats sont enregistrés au Sénégal, en Mauritanie et au Burkina Faso pour s’en limiter là. L’engouement s’apprécie à travers les expériences de la RAM, de la BMCE et du groupe Chaâbi. Les volumes d’échanges avec le Sénégal et le Burkina Faso ont augmenté respectivement de 12% et de 28% entre 2000 et 2004. L’Afrique de l’Ouest s’inscrit dans cette stratégie de diversification compétitive que mène le Maroc.
Les promotions dans les salons ont-ils encore aujourd’hui leur raison d’être. Ne devriez-vous pas vous redéployer uniquement dans le conseil à l’exportation ?
Le CMPE fait à la fois la promotion d’image et l’accompagnement.Les études l’ont montré, les salons sont les meilleurs moyens de promotion. Le centre participe aux salons spécialisés et aux thématiques sectorielles, sélectionnées par le secteur privé. Nous organisons des missions d’études, de pénétration de marchés, de validations de produits au niveau des centrales d’achats. A l’occasion de ces déplacements, on organise des forums économiques pour faire la promotion du Maroc. Vous voyez, nous ne faisons pas que de la promotion dans salons comme cela a été dit. Le budget du centre est suffisant en fonction de ce que nous faisons actuellement, mais insuffisant vu ce que nous voulons faire.

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