MRE : Touriste ou investisseur ?

MRE : Touriste ou investisseur ?

Quel est le nouveau profil du marocain résidant à l’étranger ? La troisième génération des MRE continue d’accorder le même intérêt pour le terroir que les grands-parents. La différence est peut-être dans la manière dont le marocain qui revient passer ses vacances. Investisseur, il l’est forcément avec une masse de dépôt évalué à 70 milliards au début de cette année et des recettes qui battent régulièrement leurs propres records. En 2004, les transferts avaient dépassé le cap des 3 milliards de dollars. 
Conscient de l’importance de cette population marocaine résidante à l’étranger, le ministère du Tourisme a mis en place des opérations ponctuelles pour faire bénéficier aux MRE des avantages du secteur touristique. Il s’agit des fameuses opérations Kounouz Biladi. Reste à savoir quelle part des MRE va dans les hôtels ?
De leur côté, la plupart des banques mettent en place des dispositifs spéciaux pour les Marocains de l’étranger. Les écritaux «réservés à nos concitoyens résidants à l’étrangers» fleurissent dans la plupart des agences. Mais, déclare-t-on, il n’y a jamais eu de coordination au sommet.
Entre plusieurs offres, le MRE ne savait pas à quel saint se vouer, ratant parfois des avantages offerts par la loi. D’où le rôle de la Fondation Hassan II, laquelle informe, prévient et reste au service de l’investisseur pour le suivi du projet. Les statistiques obtenus auprès de cet organisme fait état de quelque 200 dossiers par an. La Fondation remet au MRE la documentation nécessaire, et l’oriente dans les démarches administratives. Les demandes d’informations, un millier de dossiers en moyenne par an, concernent des questions sur la douane, le foncier, le fisc, les impôts…
L’une des rares enquêtes menées par la Fondation sur le profil des investissements des MRE a abouti à la conclusion que les MRE rencontrent surtout des obstacles d’ordres financier et administratif. Malgré leur apport sur la formation de l’épargne au niveau des banques de la place, les Marocains résidants à l’étranger font rarement recours au financement bancaire.
Pour répondre aux besoins des MRE investisseurs, le ministère de l’Industrie et du Commerce a mis en place, dès 2003, une banque de données au profit des MRE, en partenariat avec les Conseils régionaux d’investissements (CRI), les Chambres de commerce et les Collectivités locales. La création de cette banque vise l’orientation des MRE en vue de réaliser des projets d’investissement destinés à promouvoir la région aux niveaux économique et social. Le ministère devait par la suite poursuivre l’investigation en vue d’une cartographie économique définissant les projets et services dont ont besoin les habitants de la région dans laquelle le migrant désire investir.
Le schéma encore non concrétisé. Tout d’ailleurs comme l’agence qui doit veiller sur les projets des MRE avec des garanties de l’Etat. Tout au plus, l’on assiste à une cellule de réflexion mise en place entre le GPBM et Bank Al-Maghrib. Du reste, les MRE disposent depuis 2002, d’un ministère, mis en place en novembre 2002, suite aux hautes orientations royales. Coordonateur des programmes et des projets intéressant les MRE, ce département dirigé par Nezha Chekrouni travaille sur la base d’un programme national en partenariat avec les organismes, les représentations diplomatiques et consulaires à l’étranger.
A court terme, les priorités de ce département reposent sur cinq axes (modernisation des systèmes d’éducation et d’enseignement des enfants des MRE, création des espaces culturels multidisciplinaires, developpement d’une culture religieuse fondée sur les valeurs de la tolérance, meilleure participation des MRE dans la vie politique ) dont l’objectif est de faire du MRE un citoyen à part entière. Au niveau législatif, le ministère de tutelle concentre son action sur les accords bilatéraux avec les pays partenaires, visant la préservation des droits et des libertés des MRE. Sur le plan économique, la priorité va à l’investissement. Initiative qui concerne les banques, les acteurs de la société civile, les ONG, etc.

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