Mustapha Bidouj : «Le statut d’association a montré certaines limites»

ALM : Peut-on dire que les nouvelles technologies sont aujourd’hui au service de la microfinance ?
Mustapha Bidouj : C’est à la microfinance de les mettre à ses services. Aujourd’hui on sait qu’un système d’information peut, quand il est bien fait, aider l’institution de microfinance à faire une certaine traçabilité de la chaîne des valeurs et de l’ensemble du processus des transactions financières. Le système d’information sécurise l’information en lui offrant une certaine intégrité. Il y a beaucoup d’institutions de microfinance qui ont été confrontées à des problèmes parce que leur système d’information est défaillant. L’utilisation des nouvelles technologies n’est plus un luxe, c’est une nécessité. De plus, aujourd’hui, Bank Al Maghrib nous impose progressivement les règles prudentielles et les reportings. Il est donc obligatoire pour nous de nous équiper en systèmes d’information.

Quelles sont les principales activités de la Fondation Banque populaire pour le microcrédit?
Nous n’avons pas beaucoup d’activités, parce que la loi est très claire dans ce sens. Ce que nous faisons essentiellement c’est le financement d’activités génératrices de revenus. Cela veut dire que nous nous interdisons strictement de financer tout ce qui est consommation. Quoi que le débat est ouvert. Parce que les gens qui ont besoin de microcrédits ont aussi besoin de consommer et de s’équiper. Et nous avons constaté que souvent lorsqu’on ne finançait pas les besoins de ces personnes, elles allaient ailleurs pour se faire financer ou alors elles prenaient le capital qui est destiné à leur entreprise pour s’équiper en appareils domestiques et autres. Mais la loi nous oblige à ne financer que les activités génératrices de revenus. Nous nous limitons à cela. Nous avons développé des produits destinés au monde rural. Nous avons également établi certains produits en fonction des profils de nos clients.

Le Maroc est l’un des pays africains leaders dans le domaine de la microfinance. Quelles sont vos perspectives pour les années à venir?
D’abord, nous souhaitons avoir réellement les moyens pour toucher davantage la population rurale. 46 % de la population marocaine vit dans le milieu rural. Une partie de cette population est démunie et a besoin de nos services. Nous aimerions pouvoir dans l’avenir, grâce justement aux nouvelles technologies, pouvoir offrir à cette population une panoplie de services financiers, de manière à lui permettre de participer à la dynamique économique globale de notre pays. C’est notre ambition. La deuxième perspective qui est plus immédiate, et sur laquelle travaillent également les pouvoirs publics, c’est la possibilité de transformer les statuts de certaines associations de microcrédit notamment celles qui sont arrivées à un certain seuil en termes de taille et de rentabilité, etc. Le statut d’association a montré certaines limites. Il est donc possible pour ces associations de se transformer soit en sociétés de financement, soit en banques de microcrédit. Nous voulons par ailleurs réussir notre mission qui est celle d’accompagner des microentrepreneurs à sortir du secteur informel pour les transférer vers les secteurs formels et réussir la bancarisation.

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