Naufrage de l’économie palestinienne

Les affrontements et les restrictions de déplacements, tant pour les personnes que pour les biens, causés par la crise actuelle ont accentué les difficultés économiques, déjà énormes et insurmontables, dans les territoires palestiniens. Aussi, les conséquences de cette situation sont, aujourd’hui, plus que désastreuses sur les finances de cet Etat arabe. Se penchant sur quinze mois d’Intifada, les experts de l’institution internationale dénoncent «les lourdes restrictions apportées au mouvement des biens et des travailleurs à Gaza et en Cisjordanie» qui ont provoqué «une sévère récession » dont l’ampleur effraie.
Au cours de la période sous étude, les pertes économiques résultant directement de la situation chaotique au sein des territoires palestiniens sont estimées à près de 2,4 milliards de dollars de Produit Intérieur Brut (PIB). De plus, des centaines de millions de dollars de pertes ont été provoqués par les dégâts infligés aux infrastructures, aux propriétés privées et aux terres agricoles. Depuis le début de la crise en septembre 2000, le manque à gagner pour les travailleurs palestiniens est énorme. Le revenu par tête dans les territoires a baissé de 12 % en 2000, puis de 19 % en 2001 où il est évalué par la Banque mondiale à environ 1680 dollars. Parallèlement, les pertes d’emplois en Israël, jointes aux restrictions de déplacements et aux fermetures de frontières, ont fait tripler le niveau du chômage, qui touche dorénavant un actif sur trois. Environ 75000 à 80000 palestiniens ont perdu leur emploi tant en Israël que dans les colonies juives, alors que 60000 autres postes ont été supprimés dans les territoires palestiniens du fait de l’effondrement total de la demande. Dans le même temps, des centaines de milliers de jeunes arrivaient sur le marché du travail, ce qui ne pouvait qu’aggraver davantage la situation.
En raison de la dépendance économique des territoires palestiniens de l’économie israélienne, le chômage affecte directement les revenus d’au moins le tiers de la population palestinienne.
Le nombre de personnes vivant désormais au-dessous du minimum vital a augmenté de 50 %. Près de 1,5 million de la population palestinienne vivent avec 2 dollars par jour, dépensé en achats de biens de première nécessité.
Par ailleurs, les experts de l’institution internationale tirer la sonnette d’alarme sur les finances de l’Etat palestinien qui a vu ses recettes fondre de 80% par rapport à leur niveau d’avant décembre 2000.
«L’autorité palestinienne est concrètement en faillite», affirme la banque. En effet, les 90 millions de dollars de recettes mensuelles qu’avait prévu l’autorité palestinienne dans son budget de 2001 n’atteignent même pas, aujourd’hui, les 20 millions de dollars. Pour cause, la banque mondiale avance qu’ «en temps normal, environ les deux tiers des réserves de l’autorité viennent des taxes perçues en son nom par les israéliens. Or, ces derniers ne leur ont rien reversé depuis décembre 2000».
L’effondrement complet de l’économie palestinienne au cours de cette période a pourtant été évité grâce à la bonne gestion de la situation par l’autorité palestinienne mais aussi, et essentiellement, grâce à un soutien exceptionnel de la Ligue Arabe et de l’Union Européenne qui ont, en moyenne, versé chaque mois, respectivement, 45 millions de dollars et 9 millions de dollars.
La Banque affirme que « sans l’intervention des donateurs, et en particulier des membres de la Ligue Arabe et de l’Union Européenne, tout semblant d’économie moderne aurait aujourd’hui disparu». La Banque mondiale appelle tous les pays à soutenir l’économie palestinienne en mettant en place « un programme d’urgence» d’aide financière. Sans cela l’économie palestinienne périra.

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