Net recul des Exportations

En 2003, certains secteurs exportateurs ont régressé. Il s’agit des mollusques, crustacés et coquillages, des produits pétroliers raffinés et de certains produits agricoles. D’où un déficit du commerce extérieur, estimé à 52 milliards de dirhams conséquence d’une baisse de 3,6% des exportations. Le ministère du Commerce extérieur relativise tout en faisant remarquer qu’ «il faut remonter à l’année 1992 pour trouver une situation similaire».
La stagnation des ventes en Europe, premier client du Maroc, s’explique par le ralentissement de la consommation dans le marché de l’Union. Elle s’explique aussi par ailleurs, par une parité euro-dollar, défavorable aux exportations marocaines de phosphates et dérivés et des articles d’habillement. Ce secteur fait les frais justement de certaines dispositions de la réglementation internationale. Ne pouvant bénéficier du cumul diagonal euro-méditerranéen de l’origine, les industriels assistent impuissants à une fuite de commandes vers les pays de l’Est, comme la Roumanie, éligible à ce cumul.
Organisateur la semaine dernière, d’un séminaire sur le commerce du service, le ministère du Commerce extérieur lie toute performance à la bonne connaissance des règles de l’OMC, dispositifs qui se prêtent souvent à de larges interprétations. D’où un besoin de formation au profit non seulement des cadres mais aussi du monde des affaires. En octobre dernier, plus de 70 chefs de PME-PMI ainsi que des représentants d’une vingtaine d’associations ont bénéficié de la même formation.
Pour ce dernier séminaire, le thème s’articulait autour des «exportations marocaines de services» et la «libéralisation de certains secteurs» de service pour attirer des investissements extérieurs et, partant, améliorer les exportations.
Une nécessité dans la situation actuelle. Les contre-performance des mollusques, crustacés et coquillages, 31% de la régression des ventes en valeurs, ont pesé lourd dans la balance des exportations. Victime de la baisse des ressources céphalopodière, ce secteur a contribué à 60% dans la régression globale des exportations. C’est une chute brutale après la croissance moyenne annuelle de 10%, entre 1998 et 2002.
Pour les produits dérivés du pétrole, les baisses sont aussi saillantes : de l’ordre de 65%, soit 1,5 milliard de dirhams. L’incendie ayant dévasté certaines installations à la Samir a coûté cher pour tout un secteur, également en croissance soutenue de 1998 à 2002 avec une hausse moyenne de 80% par an en volume et 12% en valeur. Ce sont quand même les minéraux métalliques et les métaux qui ont le plus souffert des fluctuations monétaires. Le dollar est la monnaie de facturation du secteur, ce qui explique le recul des ventes des principaux produits : 42% pour le zinc, 53% pour l’argent et 57% pour le plomb. Dans le domaine de l’agriculture, les exportations de tomates ont chuté de 30%.
L’évolution de la parité euro-dollar favorise les importations européennes d’origine asiatique, principalement celles provenant de la Chine, une menace dangereuse au détriment des produits marocains pénalisés par des factures libellées en euros. La perte de compétitivité, bien que conjoncturelle, est bien réelle.
Les rares produits ayant enregistré une croissance en 2003 sur l’export sont les composants électroniques avec 4%.
Une contre-performance si on rapporte ce résultat à la croissance moyenne de 19% entre 1998 et 2002. Ce marché est peu sujet aux fluctuations du fait de son caractère de type captif. Des contrats spécifiques lient clients et fournisseurs. Parmi les produits à valeur ajoutée à avoir réalisé des performances, il y a les fils, les câbles électriques et les conserves de poissons.
Sur un autre registre, le déficit commercial s’explique aussi par l’augmentation des importations. Le ministère du Commerce extérieur positivise toutefois en faisant remarquer que «le déficit commercial 2 003 est aussi le résultat des achats de matériels d’équipement industriel, en croissance de 23%. C’est le fameux déficit utile, puisque cette catégorie d’achats peut à la limite, être considérée comme un investissement productif, allant vers la mise à niveau des entreprises.
Thèse corroborée d’ailleurs par la hausse importante de diverses matières premières allant de l’acier (27%) aux matières plastiques avec près de 8%. Encourageant, à condition de trouver vite le chemin de la relance.

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