Nicolas Hazard: «Le Comptoir de l’innovation opère désormais au Maroc»

Nicolas Hazard: «Le Comptoir de l’innovation opère désormais au Maroc»

ALM : Parlez-nous du Comptoir de l’innovation et ses implications à travers le monde…
 

Nicolas Hazard : Le Comptoir de l’innovation est une structure qui finance, accompagne et promeut le développement de l’entrepreneuriat social en France et dans le monde. A travers un fonds d’impact investing de 40 millions d’euros, le Comptoir de l’innovation finance des entreprises sociales dans leur développement. A travers plusieurs programmes d’incubation, Le Comptoir de l’Innovation accompagne les entrepreneurs et les créateurs d’entreprises dans leur développement. Enfin, les évènements IMPACT² organisés par le Comptoir de l’innovation réunissent chaque année à Paris 1.500 décideurs venus de 50 pays pour promouvoir l’entrepreneuriat social.

Quelle a été votre motivation première à ouvrir un bureau au Maroc ?

L’histoire avec le Maroc est déjà plutôt ancienne puisque nous travaillons déjà depuis plusieurs années avec le Groupe AMH, présidé par Amina Slaoui, invitée d’honneur de notre évènement. Forts de ce partenariat constructif et enrichissant, nous avons pu découvrir la multiplication des initiatives visant au développement et à la promotion de l’entrepreneuriat social au Maroc. Dans le cadre du développement d’un réseau international d’incubateurs Social Tech, Casablanca et le Maroc en général nous a donc paru une destination idéale. L’écosystème de l’entrepreneuriat social est en plein boom, en pleine structuration, il a donc semblé pertinent pour Le Comptoir de l’innovation de venir co-créer cet écosystème  avec les acteurs déjà présents.

De quels moyens financiers disposez-vous pour mener à bien vos opérations ?

Au Maroc nous travaillons main dans la main avec la fondation Drosos qui nous accompagne sur le projet d’incubateur social et technologique. A moyen terme, nous prévoyons de pérenniser nos projets en développant des activités génératrices de revenus.

Quelles sont les principales actions que vous comptez lancer au Maroc ?

Pour l’instant le premier projet du Comptoir de l’innovation est l’incubateur social et technologique qui accompagne les créateurs d’entreprise avec un projet en phase d’amorçage. L’accompagnement est proposé pour une durée d’un an  et vise à donner toutes les clés nécessaires au succès de l’entreprise. Les entrepreneurs incubés bénéficient tout d’abord d’un accompagnement stratégique individuel avec un appui personnalisé adapté à chaque incubé et l’intervention d’experts lors des étapes clefs du projet. Nous assurons aussi un accompagnement collectif avec des formations sur des problématiques de gestion et technologiques et des ateliers de brainstorming. Le mentorat fait partie de nos missions. En clair, chaque incubé se verra attribuer un mentor, un entrepreneur chevronné qui le fera bénéficier de son expérience et l’aidera à structurer son projet. Arrivés à ce stade, les bénéficiaires profitent également de notre réseau international en termes de mise en relation. Nous assurons en effet la visibilité grâce à l’organisation d’événements mensuels de networking et de pitchs. Enfin, un espace de travail collaboratif bénéficiant de tous les équipements nécessaires et facilitant le co-working.  Dans le cadre de ce projet d’incubateur, nous développerons un certain nombre d’initiatives à destination des entrepreneurs sociaux marocains et des structures souhaitant les accompagner. Par ailleurs, nous réfléchissons à un projet d’accompagnement des associations pour les aider à intégrer ce nouveau paradigme d’entreprise sociale. Enfin nous travaillons également au développement de solutions de financement des entrepreneurs sociaux au Maroc sur le même modèle que les fonds d’impact investing que nous gérons en France.

Quel impact sur l’environnement marocain avez-vous retenu compte tenu du fait que plusieurs ONG opèrent déjà dans votre champ d’action ?

Notre objectif est de travailler avec elles ; nous serons là où il y a des besoins qui restent sans réponse, là où les réponses apportées peuvent être améliorées. Concernant notre incubateur nous souhaitons pouvoir opérer en complément des incubateurs existants, nous travaillons déjà en partenariat avec certains afin de développer les initiatives de créations d’entreprises sociales. En effet pour l’instant les solutions d’accompagnement sont encore peu nombreuses et à terme nous espérons que l’offre grandissante d’incubateurs spécialisés dans ce domaine permettra de faire changer d’échelle le secteur de l’entrepreneuriat social au Maroc.

Avez-vous rencontré des difficultés particulières lors de votre installation au Maroc?

Notre installation au Maroc s’est très bien passée, nous avons rencontré avec plaisir les acteurs de l’écosystème de l’entrepreneuriat social, de l’associatif et de l’entrepreneuriat en général et nous avons été très bien accueillis. Le projet d’incubateur Social Green Tech a vu le jour il y a un an environ, il nous reste quelques détails à régler avant le démarrage de l’incubation, mais nous ne rencontrons pas plus de difficultés particulières au Maroc que dans les autres pays où nous nous développons.

Bio Express

Diplômé d’HEC et de Sciences Po Paris, Nicolas Hazard est un entrepreneur social français. Il est aujourd’hui président du Comptoir de l’innovation, société qui développe l’entrepreneuriat social à travers le monde, par le biais d un fonds d’investissement et d’un réseau international d’incubateurs.

Il est également président de Calso Inc, entreprise sociale californienne, et vice-président du Groupe SOS (12.000 salariés, 600 millions d’euros de chiffre d’affaires). Nicolas est membre de différentes organisations internationales (Groupe d’experts de la Commission européenne sur l’entrepreneuriat social, Conseil national du développement et de la solidarité internationale, etc.). Il est l’auteur de «Capitalism for all, 20 enterprises that change the world» (Edit the World, 2013) et de «L’entreprise du XXIeme siècle sera sociale ou ne sera pas» (Rue de l’Echiquier, 2012). Il contribue régulièrement au journal Le Monde, à travers une chronique mensuelle sur le «Made in France» social, ainsi que dans le Guardian et la Stanford Social Innovation Review.

 

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