OCDE : Appel au respect des engagements

OCDE : Appel au respect des engagements

L’Organisation de coopération et de développement économiques (Ocde), dans la dernière édition de son rapport annuel sur la coopération pour le développement, affirme que les principaux pourvoyeurs d’aide ont encore un long chemin à parcourir pour atteindre les niveaux annoncés à la Conférence de Monterrey, au Mexique, même si, depuis quelques années, ils ont augmenté leurs apports au développement dans le monde.
La conférence des Nations unies sur le financement du développement avait pris l’engagement de porter le total des apports d’aide à 75 milliards de dollars d’ici 2006, contre 52 milliards en 2001.
« Mais, atteindre pareil niveau dépendra surtout des décisions que vont prendre cinq pays de l’Ocde -Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Italie et Allemagne- étant donné que le niveau prévu des apports pour 2004 leur laisse un effort substantiel à faire au cours des deux années suivantes s’ils veulent tenir leurs engagements », estime le rapport. La hausse proposée des dépenses consacrées à l’aide, si elle se matérialise, devrait être la plus importante depuis la création, il y a 43 ans, du Comité d’aide au développement (Cad), qui coordonne les politiques d’aide au développement des principaux donateurs mondiaux. Même au niveau proposé pour 2006, l’aide se hisserait à peine à moins de 0,3%du revenu national brut global des membres du Comité, alors que l’objectif fixé par les Nations-unies est de 0,7%.
L’édition 2004 du rapport de l’Ocde sur la coopération pour le développement donne des informations détaillées sur les apports d’aide en 2002, année au cours de laquelle l’aide internationale avait sensiblement progressé, passant de 52 milliards de dollars en 2001 à 58 milliards en 2002, pour la première fois depuis plusieurs années.
Dans son évaluation des progrès accomplis par les pays en développement en vue de réaliser d’ici 2015 les objectifs du millénaire pour le développement fixés au Sommet des Nations-unies en 2000, le rapport conclut que nombre d’entre-eux ne pourront être atteints, notamment en ce qui concerne la santé et dans d’autres domaines pour l’Afrique subsaharienne.
L’Ocde déplore enfin le vif repli de l’aide au développement de l’agriculture, et la part grandissante de l’aide humanitaire dans le total des dépenses au titre de l’aide en réponse à des situations d’urgence, par opposition au développement à long terme et à l’aide aux pays les plus pauvres. Le rapport s’intéresse en particulier aux efforts que doivent engager les pays en développement sur de multiples fronts, notamment pour créer un environnement favorable au développement du secteur privé. Parallèlement, il souligne que les pays de l’Ocde doivent oeuvrer davantage pour promouvoir la croissance économique dans les pays pauvres par l’adoption de politiques économiques cohérentes prenant en compte leurs besoins. Il note cependant quelques tendances positives à long terme: l’aide accrue dont bénéficient les gouvernements performants, la plus forte proportion d’aide non liée, un soutien plus marqué en faveur de politiques que « s’approprient » les pays en développement -et non plus imposées de l’extérieur par le biais de la conditionnalité- et l’accent mis sur la gouvernance et la santé.
Dans ce contexte, l’organisation appelle les pays donateurs à progresser plus vite en vue d’harmoniser leurs pratiques, à se mobiliser davantage pour aider les pays en développement à se doter de leurs propres systèmes de gestion des ressources et à soutenir un effort d’évaluation plus soutenu et mieux coordonné qui contribuerait à faire mieux comprendre la dynamique de l’efficacité globale de l’aide au niveau des pays.

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