OCP : Les limites de la sensibilisation

Sensibilisation. Ce vocable devenu à la mode par la force des choses et la contrainte de l’ouverture géographique n’est plus l’apanage du seul secteur privé. Certains offices tentent aussi bien que mal d’y adhérer. Le dernier en lice est l’office chérifien des Phosphates, qui ne cesse chaque fois que l’occasion se présente de confirmer sa volonté de maintenir sa position au niveau mondial.
Opérant depuis sa création dans un environnement concurrentiel, chargé et ouvert sur l’international, l’OCP n’a de choix que d’appliquer des techniques de management dit basé sur la sensibilisation et la participation, à l’instar de ses concurrents. Cette initiation a d’abord porté sur la formation du personnel aux procédés de sécurité. Le «cursus» s’est étalé sur une période de deux années, a porté sur 18 modules et a concerné presque la moitié des employés. Selon les statistiques communiquées par l’OCP et rapporté par l’agence MAP, il a été constaté une baisse sensible des accidents du travail pendant les dernières années.
L’effort financier n’est pas à omettre puisque l’enveloppe budgétaire consacrée à l’opération de sensibilisation et de formation a frôlé dix milliards de centimes.
Cependant, des accidents continuent à survenir montrant ainsi une certaine limite du dispositif mis en place.
Les villes de Khouribga et Youssoufia où quatre ouvriers ont trouvé la mort suite à des accidents de travail en présentent des exemples édifiants. Dans cet ordre d’idées et en réponse à une question d’actualité sur les accidents du travail dans le secteur des Phosphates, il a été déclaré que «le département concerné a envoyé une délégation à la suite de ces accidents pour examiner les mesures à prendre en coordination avec les responsables du groupe afin d’éviter que de tels accidents ne se reproduisent». L’OCP ne peut qu’être dans une mauvaise passe, chaque fois qu’un incident pareil se produit.
Il l’est davantage compte tenu des sommes qu’il consacre à la sensibilisation et la formation dans les domaines de sécurité. La délégation régionale du ministère de l’industrie et des mines s’intéresse pour sa part à ces cas. Elle mène des enquêtes sur place après chaque accident de travail, afin d’en déterminer les causes et d’établir des rapports. S’il est une chose que l’OCP désire le moins, c’est que son système de sécurité soit mis en cause dans ces rapports. Cela ne peut que lui coûter en image et en argent.

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