OCP va investir 10 milliards DH par an d’ici 2028

OCP va investir 10 milliards DH par an d’ici 2028

Il a multiplié ses capacités de production par trois entre 2007 et 2017

L’une des prouesses technologiques réalisées sur les 10 dernières années par OCP n’est autre que le Slurry Pipeline long de 235 kilomètres qui achemine la roche des mines de Khouribga jusqu’au port de Jorf Lasfar. Grâce à cette installation, le volume de roche transférée de la mine est passé de 26 MT en 2007 à quelque 38 MT en 2017.

L’appétit vient en mangeant. Et l’adage s’applique parfaitement aujourd’hui au Groupe OCP qui, à peine son programme d’investissement 2007-2017 achevé avec succès, a déjà bouclé un nouveau plan de développement encore plus ambitieux que le premier. Si la première vague d’investissement portait sur une enveloppe globale colossale de 75 milliards DH, celle qui va être enclenchée couvrira la période 2018-2028 pour un volume d’investissement encore plus important, 100 milliards DH.

Selon des sources à OCP, le nouveau programme portera essentiellement sur le développement de l’axe centre Benguerir-Youssoufia-Safi, complétant ainsi le premier qui s’était, lui, focalisé sur l’axe Nord regroupant Khouribga et Jorf Lasfar.

Et c’est fort des réalisations du premier programme que le Groupe OCP aborde sa «vague II» avec assurance et surtout encore plus d’ambitions. En effet, quand on examine le bilan et l’évolution des différents indicateurs d’activité entre 2007 et 2017, on se rend vite compte de l’ampleur de ce qui a été réalisé en l’espace de 10 ans seulement.

Pour commencer, et pour ce qui est de l’activité constituant le cœur de métier d’OCP, à savoir l’extraction de la roche, les volumes traités sont passés de 30 à 44 millions de tonnes entre 2007 et 2017 grâce, entre autres, à la mise en service de quatre nouvelles usines d’une capacité d’un million de tonnes chacune.
Et si le surplus d’activités extractives a évidemment permis de capter plus de commandes sur les marchés mondiaux, il a surtout permis à OCP de doubler en l’espace de dix ans ses parts de marché pour ce qui est engrais. Pour ces derniers, la production a atteint en 2017 quelque 12 millions de tonnes alors qu’elle ne dépassait pas les 4 MT en 2007. Cette multiplication par trois des capacités de production a permis à OCP de doubler ses parts sur le marché international des engrais qui sont passées de 11 à 22%.

Ces performances n’auraient pu être réalisées, toutefois, si le Groupe OCP n’avait pas eu l’idée en même temps d’investir dans des infrastructures, installations et équipements de dernière génération. Des investissements conçus et réalisés grâce aussi à l’apport scientifique et technique très précieux de la joint-venture avec Jacobs Engineering.

Et l’une des prouesses technologiques réalisées sur les 10 dernières années par OCP n’est autre que le Slurry Pipeline long de 235 kilomètres qui achemine la roche des mines de Khouribga jusqu’au port de Jorf Lasfar. Grâce à cette installation, le volume de roche transférée de la mine est passé de 26 MT en 2007 à quelque 38 MT en 2017. Enfin, en aval, et pour accompagner cette formidable montée en puissance de sa production, le Groupe OCP devait impérativement investir pour permettre au hub de Jorf Lasfar d’être en ligne avec les nouvelles cadences, notamment à travers les capacités de stockage. En 2017, ce sont quelque 50 MT de phosphates qui sont exportées aux quatre coins du monde à travers Jorf Lasfar contre 30 MT seulement en 2007.

Et visiblement, le leader mondial ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil sur quelques objectifs pour le nouveau programme d’investissement de 2018-2028. L’enveloppe à investir en est déjà le premier indicateur puisqu’elle passe de 75 à 100 milliards DH qui seront étalés sur 10 ans à raison donc de 10 milliards DH par an. A travers ce programme, OCP ambitionne, ni plus ni moins, de doubler sa capacité de production d’engrais pour atteindre près de 26 MT en 2028 ce qui lui permettra de capter la moitié de la demande mondiale en engrais et fertilisants contre 22% aujourd’hui.
Parmi les investissements stratégiques prévus également dans la deuxième vague, une usine d’une capacité d’un million de tonnes à Laâyoune pour valoriser davantage la roche extraite de Phosboucraâ.

Avec tous ces projets ambitieux, il est impossible d’éviter la question centrale du financement. Comment compte faire le Groupe OCP et où trouvera-t-il les 100 milliards DH ? Interrogé à ce titre, le top management d’OCP n’a pas souhaité divulguer les montages financiers envisagés en se contentant seulement de fournir quelques indices. Le premier se trouve dans les comptes mêmes du groupe qui viennent, il y a tout juste quelques jours, d’être validés en conseil d’administration. Il s’agit de la capacité d’autofinancement et qui, pour l’exercice 2017, s’élève à presque 11 milliards DH avec un EBITDA de 12,7 milliards DH. En théorie, cela veut dire que, dans l’absolu, OCP serait en mesure de financer par ses propres moyens un effort d’investissement de 10 milliards DH par an. Mais ce n’est évidemment pas envisageable dans le sens où OCP est en mesure d’activer des leviers financièrement plus rentables et plus intéressants dont l’endettement. Ceci est d’autant plus vrai que, sur les places financières aussi bien au Maroc qu’à l’international, un papier adossé à un leader tel OCP est très demandé. Mais pour l’heure, le top management ne donne aucune indication sur d’éventuelles levées de fonds à l’avenir.

Et pour finir, si comme l’a promis le ministre des finances il y a quelques mois, l’Etat décide enfin de restituer à OCP les 20 milliards DH de TVA en souffrance depuis des années, cela constituera déjà une jolie manne pour bien entamer une décennie 2018-2028 bien chargée…

50 milliards DH de commande publique et 22.000 emplois

Le Groupe OCP mériterait bien le titre de locomotive nationale. C’est que sur les 75 milliards DH investis entre 2007 et 2017, près 50 milliards sont restés au Maroc à travers des commandes placées auprès d’entreprises marocaines.

Cela représente quelque 5 milliards DH par an de chiffre d’affaires dont ont profité près de 400 entreprises. Ces dernières, naturellement, ont dû elles aussi sous-traiter, investir pour s’équiper et surtout recruter. Les projets d’investissements d’OCP sur 10 ans ont permis ainsi de générer un volume de travail colossal de l’ordre de 18 millions jours/homme avec, à la clé, la création de 6.000 emplois directs et pas moins de 16.000 emplois indirects.

20 milliards DH de TVA, le boulet !

Quand bien même le Groupe OCP a injecté dans la machine économique près de 75 milliards DH sur 10 ans et s’apprête à débourser 10 milliards par an d’ici 2028, il restera toujours un boulet dont il devra se débarrasser. Ce boulet, ironie du sort pour un établissement public, concerne justement des arriérés de TVA que l’Etat n’a toujours pas remboursés.

De mois en mois, d’année en année et d’un gouvernement à l’autre, la facture a continué de grossir jusqu’à atteindre le niveau ahurissant de 20 milliards DH, soit 20% de l’enveloppe que compte investir OCP dans les dix prochaines années.

Mais il semble que le gouvernement est décidé à en finir. En décembre dernier, en marge des discussions de la loi de Finances 2018, le ministre des finances, Mohamed Boussaid, avait clairement annoncé que le cas OCP allait être solutionné courant 2018. Déjà les 10 milliards DH dus au secteur privé ont presque été entièrement apurés grâce à l’opération originale montée avec les banques. Peut-on s’attendre à un montage similaire pour le cas OCP ?

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