OFPPT : Surcharge des demandes

L’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT), serait-il en perte de vitesse. En tout cas, et bien qu’ayant fait l’objet d’une restructuration globale avec un schéma directeur ambitieux, la formation professionnelle n’arrive toujours pas à satisfaire les demandes, de plus en plus croissantes, en formation.
En attestent les dernières statistiques publiées par la Direction régionale du grand Casablanca (DRGC), qui sert de locomotive au sein du dispositif national de formation de l’OFPPT. D’après ces statistiques, les différents centres de formation professionnelle de la Wilaya du Grand Casablanca ont reçu pas moins de 51.250 demandes en formation professionnelle initiale, au titre de la rentrée 2002-2003. Un nombre qui représente plus de cinq fois la capacité d’accueil des centres de formation et qui ne dépassent pas les 8.800 places. Un nombre qui regroupe également, importance de la région casablancaise sur le plan économique oblige, 30 % de la demande nationale et qui de l’ordre de 171.000. Le rythme de l’évolution de la demande a ainsi augmenté de 185 %, de 1996 à 2002.
Sur le plan national, l’OFPTT dispose de 184 établissements de formation, dont 42 centres à Casablanca. Avec les 190 spécialités qu’ils offrent, l’encadrement au sein de ces centres est assuré par une équipe pédagogique pluridisciplinaire forte de 5700 cadres et formateurs. Quelque 850 d’entre eux sont établis à la capitale économique. Pour faire face à une demande galopante, les responsables de la DRGC ont mis au point un schéma directeur de la formation professionnelle.
Le but est d’identifier les besoins des entreprises en main-d’oeuvre qualifiée, adapter l’offre de formation sur les plans quantitatif et qualitatif et affiner la stratégie de développement et de consolidation du dispositif de la formation. Cette restructuration implique également la réforme du système des contrats spéciaux de formation et le renforcement du processus de régionalisation de la gestion du dispositif par l’adoption d’un nouveau cadre de gestion des ressources humaines de l’OFPPT.
Le montant affecté à la réalisation de ce schéma est estimé à 182 millions de dirhams, répartis entre les secteurs des nouvelles technologies (43 millions DH), de l’hôtellerie et la restauration (7 millions DH), du transport (32 millions DH), des industries de l’agroalimentaire (33 millions DH), de la plasturgie (21 millions DH) et du bâtiment et des travaux publics (46 millions DH). Des efforts qui restent, malgré la bonne volonté des responsables de l’OFPPT, insuffisants compte tenu du nombre croissant de demandeurs.
La solution, selon les avis de certains consultants en la matière, résiderait en l’implication du secteur privé (écoles et instituts de formation) pour résorber la demande. Ceci, à travers leur subvention. Une subvention dont la contre-partie serait l’insertion des jeunes demandeurs de formation dans ces écoles. Adoptée depuis des années en France, cette stratégie s’est avérée des plus efficientes. D’autant qu’elle laisse une marge de revenu importante au privé dont le public, du moins pour l’instant, s’accapare au Maroc.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *