Omar Zniber: Les exportateurs marocains augmenteront leur marge sur le marché allemand

Omar Zniber: Les exportateurs marocains augmenteront leur marge sur le marché allemand

Entretien avec Omar Zniber, ambassadeur du Maroc en Allemagne

ALM : Le Maroc met l’accent lors de la semaine verte internationale de Berlin sur les produits du terroir. Que pouvez-vous nous dire sur la sixième participation du Maroc à la semaine verte de Berlin?

Omar Zniber : Les produits du terroir marocains sont en constante évolution aussi bien en termes de qualité que de variété. Je pense qu’une présence continue sur ce marché est nécessaire pour développer les relations avec les partenaires et les clients. Il faut que nos exportateurs renforcent le contact avec les grandes plates-formes de distribution allemande pour rester en permanence sur ce marché et augmenter éventuellement leurs marges.

Un effort continu donnera certainement les résultats escomptés pour la commercialisation des produits du terroir qui sont très appréciés par le consommateur allemand pour la simple raison qu’ils se distinguent par leur qualité biologique et leurs vertus gustatives. Nous observons dernièrement de plus en plus de produits du Terroir marocains dans les grandes surfaces allemandes. Les Allemands consomment beaucoup de couscous et d’épices marocains sans parler de l’huile d’argane, du safran et autres.

Quelles sont les particularités du marché allemand?

Je citerais deux éléments, à savoir sa grandeur et son aspect concurrentiel. C’est un marché ouvert, il suffit juste de répondre aux normes commerciales en vigueur. Et je pense que les exportateurs marocains sont bien outillés pour cela. Ils pourront facilement faire des bénéfices en Allemagne car ce pays servirait également de plate-forme pour l’Europe Centrale, l’Europe de l’Est et la Russie. L’Allemagne dispose d’une infrastructure adaptée pour accueillir le produit marocain.

Le pays dispose de ports reconnus à l’échelle mondiale comme celui de Hambourg où est concentré un grand nombre d’opérateurs. Je tiens à souligner que l’ambassade du Maroc en Allemagne est prête à aider nos opérateurs à avancer dans ce marché, et ce en leur facilitant la mise en lien avec les négociants, les plates-formes et les autorités portuaires. Nous sommes là pour leur offrir tout le soutien qu’ils soient organisés en associations professionnelles ou à titre individuel.

Comment évaluez-vous les échanges maroco-allemands?

Sur le plan agricole, une coopération importante se développe aujourd’hui, notamment à travers la création du centre d’excellence allemand dans  la région du Gharb et qui concerne le domaine de l’élevage, de la production de la pomme de terre et des céréales.

Au niveau commercial, nous dépassons les 3 milliards d’euros dans les deux sens avec jusqu’à présent un déficit en faveur de l’Allemagne qui est excédentaire avec tous les pays du monde à l’exception de la Chine. Les exportations du Maroc se limitaient autrefois aux produits agricoles, agro-industriels et textiles. Actuellement, et grâce au développement de notre économie, de nouveaux produits marocains émergent au marché allemand en particulier les pièces détachées automobiles, la câblerie, de plus en plus de produits de la pêche ainsi que les produits industriels manufacturés au Maroc. Il y a un saut qualitatif qui se produit. Nous espérons ainsi maintenir la cadence et voir éventuellement davantage de produits  liés aux énergies renouvelables. Les importations sont, pour leur part,  diverses et multiples. Elles sont constituées principalement de voitures qui représentent un chiffre de plus de 600 millions d’euros par an. L’Allemagne exporte également au Maroc des produits pour l’industrie chimique ainsi que des machines outils pour les industriels.

En ce qui concerne les échanges commerciaux plus globaux, les chiffres sont plus importants puisque l’Allemagne finance de grands projets au Maroc. En 2016, le chiffre global du flux financier de l’Allemagne vers le Maroc est de plus de 800 millions d’euros en particulier à travers la KFW qui  est la banque publique allemande. La KFW finance les projets en matière d’énergies renouvelables et un certain nombre de projets d’établissements marocains tels que OCP et des crédits  pour la CDG en matière de promotion des très petites et moyennes entreprises (TPME).

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