OMC : sauver le cycle de Doha

Les trois grands acteurs des négociations doivent tester les concessions réciproques qui permettraient d’ébaucher les grandes lignes d’un accord sur le commerce mondial avant le 30 avril. Cette échéance avait été fixée par les 150 pays membres l’OMC lors de leur réunion de Hong Kong fin 2005 pour pouvoir espérer conclure le Cycle de Doha cette année, avant l’expiration, en 2007, du mandat de négociations donné par le Congrès américain à la Maison- Blanche. La réunion "informelle" tenue à l’hôtel Copacabana Palace de Rio entre le chef de la diplomatie brésilienne Celso Amorim, le commissaire européen Peter Mandelson et le représentant américain pour le Commerce Rob Portman sous les auspices de l’OMC, a été précédée vendredi après-midi par une série de réunions bilatérales. Pendant ces réunions bilatérales "on a réexaminé les secteurs d’intérêts", selon Christin Baker, porte-parole de M. Portman. On attend la présentation d’une offre améliorée sur l’accès aux marchés agricoles de la part de Bruxelles, une nouvelle proposition sur les subventions intérieures, de la part de Washington et des réductions significatives dans les tarifs industriels, de la part de Brasilia. Avant la réunion, Pascal Lamy a exhorté une nouvelle fois les négociateurs à "bouger". "Les Européens, les Américains et les Brésiliens doivent bouger par rapport à leur position actuelle", a-t-il dit. La réunion de samedi ne va "rien décider" mais va, selon lui, servir "pour explorer, tester et pour comprendre, ce qui est essentiel à un moment où les négociations arrivent dans ce noeud : comment, politiquement, se présentent les choses pour chacun des trois". Le Brésil a averti qu’il ne veut pas faire de "concession unilatérale". "Il ne sert à rien que le Brésil fasse un geste de bonne volonté et promette des tarifs zéro d’imporation de ses biens industriels, car même comme ça, les Etats-Unis et l’Europe ne céderont pas dans le domaine agricole", a averti l’ambassdeur brésilien à l’OMC, Clodoaldo Hugueney. Le Brésil, qui représente dans la négociation le G20, groupe des pays émergents, a proposé de réduire de 50% ses tarifs industriels, une offre qui "n’est acceptable ni par l’Europe ni par les Etats-Unis", a indiqué M. Mandelson dans un entretien publié vendredi par le quotidien économique brésilien “Valor“.

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