Opération séduction du Maroc au World Travel Market de Londres – Marché britannique : L’effet Brexit

Opération séduction du Maroc au World Travel Market de Londres – Marché britannique : L’effet Brexit

Les deux bassins émetteurs des touristes britanniques restent Londres et Manchester. Ainsi, 63% des arrivées enregistrées dans les aéroports du Maroc se dirigent vers Marrakech alors que la ville d’Agadir est en deuxième position avec 17%.

Comment se tailler une part du marché touristique britannique ? Le défi est grand. Les changements au niveau économique et social impactent directement le secteur touristique et font naître de nouvelles tendances chez les touristes britanniques. La carte des destinations prisées et l’industrie touristique du pays ont connu de grands changements. Les professionnels de la destination ont été présents au Salon World Travel Market dans sa 37ème édition, tenu récemment, pour une nouvelle mission de séduction. Le WTM réunit chaque année des offices de tourisme, transporteurs aériens, tour-opérateurs, agents de voyages et hôteliers. Le Maroc y participe depuis 1980. Le stand de l’ONMT a regroupé, lors de cette édition, les conseils régionaux d’Agadir, Marrakech, Tanger, Fès et le conseil provincial d’Ouarzazate en plus des établissements hôteliers et agences de voyages. Selon les chiffres de l’ONMT, les destinations marocaines les plus prisées sont Marrakech et Agadir, suivies de la ville de Casablanca, Tanger et Fès. Les deux bassins émetteurs des touristes britanniques restent Londres et Manchester. Ainsi, 63% des arrivées enregistrées dans les aéroports du Maroc se dirigent vers Marrakech alors que la ville d’Agadir est en deuxième position avec 17%. La ville de Casablanca 8%, Tanger 4% et Fès 2%. La destination Agadir arrive également en deuxième position en matière de séjour avec une part de 39% alors que Marrakech accapare 48%, Essaouira  4%, Casablanca 2% et Fès 1%. Les dépenses moyennes par jour et par personne sont estimées à 1.475 dirhams. La destination Agadir tente de tenir le cap malgré les fluctuations de ce marché émetteur. Les statistiques du CRT d’Agadir annoncent dans son étude de l’évolution de ce marché de l’année 2005 à l’année 2015 une nette stabilité.

La ville a reçu, au cours de l’année 2005, 52.000 touristes britanniques. L’année 2014 a constitué le pic avec 80.000 touristes britanniques enregistrés. L’année 2015 connaîtra une légère baisse avec 79.000 arrivées. L’évolution comparative entre le nombre d’arrivées au cours de l’année 2015 et 2016 fait ressortir une baisse de -5%. Même tendance de baisse enregistrée en termes de nuitées qui a été de l’ordre de -9%.

Toutefois, le défi est de drainer plus de vols vers la destination. Dans ce cadre, le volet aérien reste un des handicaps majeurs qui freine le développement des parts de ce marché.

Pour y remédier, le président du Conseil régional du tourisme d’Agadir, Guy Marrache, et le président délégué, Chafik Mahfoud, ont eu des réunions avec plusieurs TO dont le TUI UK, TUI Mordicus Scandinave, Apolo Scandinavie et PromoVacances afin de relancer aussi bien le marché britannique que le marché scandinave et surtout de renforcer les dessertes aériennes vers Agadir. Notons que la ville d’Agadir est desservie par neuf lignes aériennes en provenance de Londres et Manchester. Ces fréquences sont programmées par semaine par les compagnies Easyjet, Thomson et Rayanair. La ville de Marrakech dispose de 43 fréquences par semaine des mêmes compagnies en plus de 16 vols de British Airways alors qu’Easyjet programme 14 vols par semaine. La Royal Air Maroc programme 14 vols vers Casablanca, seule destination marocaine desservie par la RAM.

Retour sur le contexte économique et social de ce marché émetteur

L’année 2016 a été marquée par un tournant dans le climat économique britannique. Les signes de la chute des activités économiques après le Brexit sont de plus en plus palpables. L’affaiblissement de la monnaie britannique confronte les professionnels des secteurs économiques et particulièrement ceux des services à une situation de récession et à une chute des investissements privés. Même situation de crise au niveau politique. Le référendum pour le Brexit a conduit à un changement politique en confrontant les pro et anti Brexit. La réussite des pro Brexit a, par conséquent, conduit à la démission du gouvernement Cameron et la nomination de l’ex-ministre de l’intérieur Theresa May pour mener les négociations de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Cette nouvelle situation économique de repli marquée par la dévaluation de la livre sterling impacte directement les choix des touristes du Royaume. Le secteur touristique est l’un des secteurs touchés de plein fouet. De plus en plus de touristes britanniques choisissent les voyages vers les pays d’Europe. Les destinations prisées sont : l’Espagne, le Portugal, l’Italie et la Grèce. Dans le même contexte, la scène touristique a connu la baisse des valeurs de actions de Easyjet et de British Airways avec 34 et 23%. Cette même année a connu la faillite du voyagiste online Lowcosttravel Group alors que Monarch Airlines connaît de grandes difficultés financières. Les trois indicateurs : nombre de visites à l’étranger, dépenses et durée de séjour confortent cette nouvelle tendance en ascension. Les touristes britanniques optant pour des pays de l’Europe sont passés de 58,5 millions en 2013 à 60,1 millions en 2014 pour atteindre 65,8 millions au cours de l’année 2015. Les dépenses sont également passées au cours de ces séjours de 34,9 milliards £ à 35,5 milliards £ en 2014 et 39 milliards £ en 2015. La durée de séjour est restée assez stable (10 jours). Par ailleurs, les statistiques de l’Office national font ressortir une préférence pour l’Espagne avec 12,98 millions de visiteurs, suivie de la France avec 8,84 millions de visiteurs. Les pronostics annoncent que ces destinations seraient les plus demandées durant les années 2016 et 2017. Ceci étant, la Turquie, qui est arrivée en 2015 à 1,52 million de touristes britanniques, est en perte de vitesse. Notons qu’elle avait enregistré, en 2010, 1,8 million de touristes britanniques.

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Quelques éléments du rapport du World Travel Market

Les rapports établis chaque année par le WTM se basent sur deux recherches indépendantes. Le premier sondage de cette année est fait en se basant sur les réponses récoltées de 2.044 intervenants du WTM (les exposants, les organisations du secteur privé du tourisme et les principaux acheteurs de l’Industrie du WTM) alors que le deuxième sondage est réalisé auprès de 1.145 vacanciers britanniques qui ont pris au maximum un séjour de sept jours à l’étranger ou au Royaume-Uni au cours de l’année 2015. Le deuxième volet de la recherche est une enquête auprès de 1.145 vacanciers britanniques qui ont tous pris un minimum un séjour de sept jours à l’étranger ou au Royaume-Uni au cours de l’année 2015 tout en incluant les différentes régions et tranches de revenu selon les lignes directrices de la Market Research Society.

Au volet aérien, les professionnels de l’industrie du voyage prévoient le retour des vols supersoniques. Ainsi, près des deux tiers (63%) des interviewés trouvent que les vols supersoniques seront la forme principale de déplacement des vacanciers au cours des années futures. La baisse du temps du voyage étant une composante de grande importance dans les choix des destinations. Actuellement, plusieurs entreprises aéronautiques travaillent sur la technologie supersonique. Ce qui pourrait réduire de moitié le temps du vol et ouvrir de nouvelles destinations. Pour rappel, les vols supersoniques ont été supprimés à la suite de la tragédie du crash de Paris en 2000 et les attentats du 11 septembre.

La question de l’environnement et celle du tourisme durable constituent deux composantes importantes dans le choix des destinations. 75% des interviewés affirment prendre ces deux volets en considération lors de leur choix de vacances. Une nette augmentation est enregistrée dans ce sens puisque le rapport de l’année a fait ressortir une prise en considération de ces deux points par 61%. Une nette augmentation au bout de douze mois.  Par ailleurs, si les e-réservations sont aujourd’hui une tendance de plusieurs marchés, les résultats de la recherche montrent que les touristes britanniques préfèrent de loin cette tendance. Ainsi, 76% affirment n’avoir pas fait de recherches ou utilisé les sites connus dans la préparation de leurs voyages. Seuls 12% ont eu recours à Airbnb, 6% Uber, 3% ont utilisé couchsurfing ou onefinestay. Les tendances enregistrées montrent que la consultation de brochures dans le processus de réservation maintient le cap et revient en force. Un tiers des vacanciers dit qu’il compte sur les brochures pour choisir, alors que 34% de ceux qui ont réservé l’année 2015 ont fait leur choix en se basant sur les brochures.

Ceci étant, la sécurité financière reste assez importante lors de la préparation d’un voyage. Neuf Britanniques sur dix disent que la question de la protection financière est de grande importance dans leur choix et recherchent les symboles de protection.

Seuls 5% ignorent les logos de protection tels ABTA et ATOL. Il est à rappeler que le dépôt de bilan de Lowcostholidays en juillet dernier a constitué une mauvaise expérience pour la clientèle britannique. Notons que 100.000 clients se sont retrouvés sans possibilités de remboursement alors que 27.000 touristes ont été abandonnés dans les destinations.

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