Opérations de couverture : Ce que prévoit l’Office des changes

Opérations de couverture : Ce que prévoit l’Office des changes

Combinaison de différents instruments, compensation des positions et couverture des opérations en capital et stock des produits de base importés

Jouahri et Boussaid ont tenu à souligner que le dirham ne connaîtrait pas de dévaluation. Ainsi les hypothèses de désalignement du dirham de 6 ou 7% sont à écarter. Car dans les pires scénarios, la dépréciation qui pourrait y avoir est de 2,5%.

Elle est tombée à point nommé. La circulaire relative aux opérations de couverture a été dévoilée en fin de semaine par l’Office des changes. Ce dispositif apporte des nouveautés en termes de couverture contre le risque de change, du taux d’intérêt, de fluctuation des prix des produits de base et risques inhérents à tout actif ou toute dette. Cette décision intervient dans un contexte particulier. Le Maroc a adopté depuis le 15 janvier la nouvelle réforme de change.

Une décision jugée souveraine par les autorités gouvernementales qui voient en ce nouveau dispositif un soutien aux politiques structurelles du gouvernement, un renforcement de la compétitivité du Maroc et une consolidation de son positionnement à l’international. Le Maroc a adopté ce régime en prévention des chocs exogènes qui pourraient impacter la stabilité économique du pays. Loin de la théorie du «flottant», la réforme du changement introduit un assouplissement du régime fixe. La bande de fluctuation du dirham est désormais élargie à ±2,5% contre ±0,3% auparavant.

Opérations de couverture :  Les nouveautés

La circulaire de l’Office des changes, tant attendue par les opérateurs, apporte des nouveautés. Relevons dans ce sens quatre opérations relatives à la couverture contre le risque de change, du taux d’intérêt, de fluctuations des prix des produits de base, et les risques inhérents à tout actif ou toute dette. Citons à cet effet la combinaison de plusieurs instruments différents, la compensation des positions durant le dénouement d’une opération, la couverture des opérations en capital ainsi que la couverture du stock des produits de base importés. S’agissant du risque de change, les opérations de couverture peuvent être réalisées par les banques intermédiaires pour leur compte ou le compte de leurs clients.

Toutefois, les banques ne peuvent effectuer des opérations de couverture contre tout risque inhérent à tout actif ou toute dette que pour leur compte ou pour le compte de certaines entités. Il est question, en effet, des établissements de crédits et assimilés, les entreprises d’assurance et des organismes de placement collectif en titrisation. L’Office autorise, par ailleurs, les opérations de couverture contre le risque de taux d’intérêt effectués au titre des opérations de financements extérieurs.

S’agissant du risque de fluctuation des prix de produits de base, la couverture peut porter aussi bien sur les produits exportés que sur les produits importés ou stockés. Les opérations y afférentes concernent les produits miniers, énergétiques et agricoles. A ces produits s’ajoutent également le bois, le charbon, l’or, l’argent et autres métaux précieux.

Dévaluation du dirham : Pas de crainte

On ne veut pas toucher à la valeur du dirham. C’est ce qu’a tenu à préciser Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib, lors de la conférence de presse qu’il avait tenue, jeudi, conjointement avec Mohamed Boussaid, ministre de l’économie et des finances. Jouahri et Boussaid ont tenu à souligner que le dirham ne connaîtrait pas de dévaluation. Ainsi les hypothèses de désalignement du dirham de 6 ou 7% sont à écarter. Car dans les pires scénarios, la dépréciation qui pourrait y avoir est de 2,5%. Et encore, aucun risque n’est à relever à ce niveau. «Notre dirham est aligné à nos fondamentaux et notre économie de manière spécifique et technique. Le taux de change effectif et réel est égal au taux de change d’équilibre. C’est le taux qui permet aujourd’hui le plein emploi disant la disponibilité de réserve de change», relève dans ce sens Mohamed Boussaid. Le ministre a tenté de dissiper les appréhensions en soulignant que les signaux donnés aux premiers jours de l’entrée en vigueur de la réforme sont rassurants aussi bien au niveau du cours du dirham qu’au niveau de la demande.

En effet, le cours de change est resté stable dans la première semaine de l’entrée en vigueur du nouveau régime. Les indicateurs hebdomadaires de Bank Al-Maghrib démontrent que du 15 au 17 janvier, le dirham s’est apprécié de 0,13% par rapport à l’euro et s’est déprécié de 0,28%. S’agissant des réserves de change, la banque centrale assure qu’elles couvrent environ six mois d’importation, soit une valeur avoisinant les 240 milliards de dirhams. Rappelons que Bank Al-Maghrib continuera d’agir sur le marché pour assurer liquidité et stabilité au pouvoir d’achat des citoyens. Cette intervention concernera aussi bien les réserves de devise que la maîtrise de l’inflation.

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