Oualalou-DPEG : Divergences

Faut-il prendre pour argent comptant, le discours rassurant de l’argentier du royaume sur l’évolution positive des ressources de l’Etat en dépit du poids du démantèlement tarifaire douanier prévu dans le cadre de l’accord de libre-échange avec l’Union Européenne et la tendance à la baisse des taux d’imposition ? Les avis divergent. Si les uns s’attendent à ce que le budget de l’Etat va subir le contrecoup de ces contraintes, les autres estiment qu’il n’y a pas lieu de paniquer !
En attendant, les chiffres renseignent sur une autre réalité. Il s’avère, selon les statiques des Finances, que les recettes ordinaires du budget général de l’Etat sont passées d’une moyenne annuelle pour la période 92/1997 de 23,6% du PIB à 25,4% au cours du quinquennat 98/2002, soit une progression de 1,8% du PIB en moyenne annuelle. En matière de recettes fiscales, on constate que celles-ci ont représenté 20,5% du PIB en moyenne entre 98 et 2002 contre 20,4% au cours de la période 92/1997. Conclusion : en dépit du démantèlement tarifaire entré en vigueur en mars 2000 et les mesures d’allègement fiscal , ces recettes ont été donc maintenues au même niveau enregistré au cours de la période 92/1997, relève le ministère de l’Economie et des Finances. Il se trouve qu’au sein du même département de l’Economie et des Finances, certains experts tirent déjà la sonnette d’alarme. Cela intervient au moment où le ministre faisait multiplier les sorties médiatiques pour rassurer sur l’évolution positive des ressources de l’Etat malgré l’impact de la zone de libre-échange avec l’Union Européenne. Faut-il en déduire par là que les responsables au sein des Finances ne partagent pas les mêmes visions voire les mêmes perspectives concernant les conséquences de l’accord d’association avec l’Europe sur le développement de notre économie. L’analyse de ces experts relevant de la Direction de la Politique Economique Générale (DPEG) mérite qu’on s’y attarde. En matière de recettes fiscales, ils estiment que le démantèlement douanier entraînera une perte consécutive de 1,9% du PIB pour la période 2000-2012. Idem pour la TVA à l’import. La DPEG souligne que le maintien des recettes dépend d’une croissance moyenne des recettes de 2,9% l’an jusqu’en 2012. La Direction rappelle que les droits à l’importation ont, eux aussi, subi les incidences des engagements du Maroc avec l’Union Européenne.
En 2001, ils ont reculé de 3,6%. Face à cette situation, l’Etat n’a pas trop le choix. La hausse des impôts étant une option exclue, il reste à réduire les dépenses de l’administration. A titre de rappel, la fonction publique représente 12,5% du PIB. Il est certain que le manque à gagner pour le budget de l’Etat sera énorme. Tout dépend maintenant de l’action des pouvoirs publics pour élargir l’assiette des contribuables. Ce qui suppose entre autres, la promotion des investissements aussi bien nationaux qu’étrangers et l’amélioration du recouvrement par le renforcement du rendement de l’administration fiscale.

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