Oualalou dresse le bilan 2003

Le ministre des Finances et de la Privatisation, Fathallah Oualalou, a donné rendez-vous aux représentants de la presse nationale, lundi soir, pour présenter à la fois les résultats économiques et financiers de l’exercice 2003 et les perspectives de 2004 en matière de dette publique.
Concernant l’année 2004, tout d’abord, les besoins de financement du Trésor sont estimés à 15,3 milliards de DH.
Par ailleurs, et c’est peut-être le plus important, le ministère des Finances compte lancer, pour l’année 2004, cinq réformes dans le marché des valeurs du Trésor. La modernisation étant le maître-mot de ces réformes.
Tout d’abord, un système de télétransmission des soumissions aux adjudications sera prochainement mis en place. Cette mesure d’automatisation permettra, notamment, une meilleure transparence du marché. C’est d’ailleurs un point sur lequel les Américains ont longuement insisté lors des négociations sur l’ALE. Autre mesure : une modification au niveau de la date de règlement pour les bons de Trésor à court terme pour la faire passer de j+6 à j+2. Approuvée par l’unanimité des intervenants en valeur du Trésor (les intermédiaires), cette réforme montre que le Trésor veut instaurer une meilleure réactivité dans sa quête de financement qui, vraisemblablement, permettra une diminution des taux d’intérêt.
Troisième réforme prévue pour 2004: porter le plafond des gisements des lignes à court terme de 2 à 2,5 milliards de DH et des lignes à moyen et long termes de 3 à 3,5 milliards de DH. Cette initiative aura, selon les observateurs, des conséquences positives sur les conditions de financement des PME et le secteur privé.
En outre, le département d’Oualalou a procédé à la définition d’une nouvelle méthode de valorisation des titres de créances détenues par les OPCVM. En d’autres termes, il s’agit de prendre en considération, comme base de calcul, non seulement l’évolution des taux dans le marché primaire, mais également dans le secondaire, afin de se rapprocher davantage de la réalité du marché marocain.
Enfin, une liaison téléphonique spécialisée sera établie entre le Trésor et Maroclear afin de s’enquérir en temps réel de l’évolution du marché secondaire. Outre, cette mesure, le Trésor développera une base de données ainsi que des applications informatiques pour le stockage et la production de statistiques.
Pour ce qui est du bilan 2003, Fathallah Oualalou a annoncé une amélioration du taux de croissance estimée à 5,5%, soit un PIB en fin 2003 de 426 milliards de DH.
Pour décembre 2004, ce PIB pourrait atteindre, selon les prévisions du ministère, les 447 milliards de DH.
En tout cas, la performance de l’économie nationale s’explique bel et bien. Elle s’explique par les prouesses du secteur agricole enregistrées l’année dernière, avec une production de plus de 80 millions de quintaux de céréales. En d’autres termes, l’économie marocaine demeure toujours fortement dépendante du secteur agricole, puisque les importations des produits alimentaires ont diminué de plus de 23%.
Même si on ne comptabilise pas les résultats du secteur primaire, on tombe dans une croissance du PIB de l’ordre de 3,2%, due essentiellement à l’essor des secteurs des BTP (ciment, immobilier…), de l’industrie manufacturière (métallurgie, agroalimentaire, …) ainsi que du transport et du commerce. Pour ce qui est du taux d’inflation, il est passé de 2,8% en 2002 à 1,2% en 2003. Cette maîtrise de l’inflation « est le fruit d’une politique monétaire prudente et un ralentissement du rythme de croissance des prix des produits alimentaires », souligne Oualalou.
Celui-ci a également mis en exergue, lors de son exposé, une nette progression des importations de l’ordre de 4%, essentiellement pour les biens d’équipement (+14,1%) et les demi-produits (+8,4%).
En revanche, les exportations marocaines ont subi un recul de 3,6%. Cette baisse s’explique par deux facteurs importants. D’une part la dégradation des ressources céphalosporines qui s’est traduite par une perte de 1,3 milliard de DH, soit plus de 13% des exportations des produits de la pêche. D’autre part, l’incendie de la raffinerie SAMIR a entraîné la baisse de près de 1,6 milliard de DH, ce qui représente 65% des exportations des produits énergétiques.
Ceci dit, le ministère des Finances a constaté, toujours en matière d’exportations, une bonne performance pour les produits électriques et électroniques (+14%), ainsi qu’une stabilité du chiffre d’affaires à l’exportation de l’OCP, malgré la faiblesse du dollar.
Sur le plan de l’attrait des capitaux étrangers, un chiffre résume bien les performances de l’économie nationale: 21,8 milliards de DH. C’est le montant des investissements et prêts privés enregistrés en 2003. il s’agit essentiellement des privatisations de la Régie des Tabac, des Brasserie du Maroc, sans oublier l’apport de Telefonica dans le capital de Méditel pour un demi-milliard de DH. A titre comparatif, le montant des investissements et prêts privés étrangers était de 6,8 milliards de DH en 2002. Sur le volet de l’endettement, la politique suivie par Oualalou est toujours la même. A savoir, une diminution de la dette publique extérieure, ramenée à 142,3 milliards de dollars à fin 2003 (-12%) et une augmentation de la dette intérieure qui atteint les 211,6 milliards de DH (+10,5%). Sur ce point, les observateurs se demandent toujours pourquoi le Maroc préfère s’endetter dans le marché intérieur plutôt que dans l’extérieur. Sachant que certaines dettes extérieures peuvent faire l’objet d’une reconversion en investissement.

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