Oxford Business Group: Focus sur le Plan national de l’eau

Oxford Business Group: Focus sur le Plan national de l’eau

L’eau, cette denrée rare, fait l’objet d’un intérêt très particulier au Maroc. C’est ce qu’affirme l’Oxford Business Group (OBG) dans sa dernière publication relative au Maroc. On peut y lire d’ailleurs que «les efforts nationaux déployés pour soulager les pressions exercées sur les réserves d’eau commencent à prendre forme». Pour l’OBG, «le gouvernement recherche activement des partenaires stratégiques pour une multitude d’ambitieux projets, dont une usine de dessalement dont le coût est évalué à 82 millions d’euros».

En effet, à l’instar de nombreux autres pays, le Maroc est confronté à un double défi. D’abord à un tarissement de ses ressources hydriques et ensuite à une hausse de la demande d’eau. Dans ce sillage, la stratégie adoptée par le Royaume afin de venir à bout de ces problèmes inclut plusieurs initiatives d’envergure qui devraient se concrétiser au cours des 15 prochaines années dans le cadre d’un programme dédié baptisé Plan national de l’eau (PNE).

Aussi, les projets estimés à un total de 230 milliards de dirhams (20,44 milliards d’euros) accroîtront les capacités de traitement des eaux et placeront un accent accru sur les sources alternatives, tout en étayant une stratégie nationale qui entend garantir que les régions du pays qui n’ont toujours pas accès à l’eau potable soient correctement desservies.  

Pour ce faire, le PNE s’attache dans une large mesure à doter le pays de nouvelles sources d’eau potable, afin de réduire la pression exercée sur des aquifères aux ressources limitées. C’est dans ce sens qu’en mai, l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) a signé un accord avec le groupe espagnol Abengoa, spécialiste des énergies renouvelables, portant sur l’investissement de ce dernier dans la future usine marocaine de dessalement.

Le projet qui, une fois achevé, deviendra la plus grande usine de dessalement du pays, permettra d’améliorer l’accès à l’eau potable dans la région d’Agadir. En effet, cette usine disposera d’une capacité de production allant de 100.000 à 200.000 mètres cubes d’eau par jour, approvisionnant ainsi jusqu’à 800.000 personnes en eau potable et ce pour une durée de 20 ans.

Le projet sera mené par Abengoa et l’ONEE, en partenariat avec la société marocaine Inframaroc, une filiale du Groupe CDG. À ce titre, l’OBG note que le Maroc n’en est pas à son coup d’essai, puisque le pays possède plus de dix usines. Ainsi, les autres projets prévus viendront étayer la stratégie nationale qui vise une production quotidienne d’eau potable dessalée de 200.000 mètres cubes d’ici 2016, contre 65.000 en 2013.

En conclusion, OBG souligne que «face aux lourdes conséquences du changement climatique et de la baisse continue des réserves d’eaux souterraines, le Maroc, comme d’autres pays, porte une attention accrue au développement de nouvelles ressources hydriques, avec en premier lieu ce projet de nouvelle usine de dessalement».

À noter que le Maroc prévoit également une nouvelle usine de traitement des eaux usées pour la ville d’Aourir. Dans le cadre de cette initiative, l’eau produite dans cette usine sera utilisée pour irriguer les parcours de golf et approvisionner les hôtels de cette destination touristique populaire.

Les aides internationales au service des projets marocains

Le Maroc a pris certaines mesures pour accroître les capacités de traitement de l’eau, bénéficiant en cela du soutien de plusieurs organisations de développement. Ainsi, début 2014, l’ONEE a signé un accord avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) prévoyant le financement partiel par cette dernière d’un projet de 81 millions d’euros destiné à l’amélioration de l’accès à l’eau potable dans les régions d’Azilal, de Ouarzazate et de Ben Guerir.

La BERD prêtera 65 millions d’euros au Maroc, soit 80% du coût total du projet. Aussi, fin janvier, le Maroc avait également obtenu un prêt d’un montant de 272 millions de dollars auprès de la Banque islamique de développement (BID) pour le financement de projets d’eau potable dans deux régions.

Les projets porteront sur le développement d’ouvrages d’adduction en eau potable à Agadir et sur l’installation de systèmes d’alimentation en eau potable dans la province de Chtouka-Aït Baha.  Ces initiatives devraient profiter à près de deux millions de personnes.

 

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *