Palais des Roses : l’audit des comptes commence

Palais des Roses : l’audit des comptes commence

Nous l’annoncions dans nos colonnes (voir ALM du 8 juin 2005). Vu son refus d’exécuter la décision de justice lui notifiant l’ordre de quitter les lieux, l’homme d’affaires marocain, Azzedine Lakhouaja a été carrément jeté hors de l’hôtel Palais des Roses à Agadir, sous le regard intrigué des touristes, des employés de l’hôtel et des badauds qui rôdaient devant la porte centrale. Une chose inimaginable pour les 1 000 personnes réunies deux ans plutôt à Agadir, en février 2002, quand le Docteur Lakhouaja expliquait devant les gros écrans de l’hôtel les Dunes D’or, le concept «Palais des Roses », suivi par les commentaires de Thami Ghorfi.
En deux ans, Azzedine Lakhouaja a perdu tour à tour le soutien de Dallah El Baraka, le retrait de confiance des pouvoirs publics dans le site de Taghazout et finalement l’hôtel Palais des Roses qu’il a été contraint d’abandonner.  Quant à son associé dans Helios, l’hôtelier marocain Abderrahmane Belkebir, très actif ces derniers temps dans les salons et les rencontres d’affaires,  a pris les devants et a quitté l’hôtel de son propre chef, sans y être contraint par la force. Les rares employés qui, dans un choix cornélien, s’étaient rangés aux côtés des anciens gestionnaires, sont vite retournés à leurs postes. Mais la  page n’est pas définitivement tournée, puisque Azzedine Lakhouaja a interjeté  appel. En attendant la décision finale de la justice, il est difficile d’envisager une relance rapide du Palais des Roses.
Sur le plan financier, c’est un véritable gouffre. Retards sur l’IGR, la CNSS et une masse salariale lourde (420 employés) font reculer plus d’un. L’établissement perdrait pratiquement 30 millions de dirhams par an.Les ex-locataires de la société Helios, sentant le vent tourner depuis ces derniers mois, n’auraient plus réglé les fournisseurs. Les factures impayées de l’eau, l’électricité, des denrées alimentaires, ses boissons atteindraient 13 millions de dirhams. Les loyers cumulés plafonneraient à 76 millions de dirhams.
Pourtant, les anciens gestionnaires avaient établi des contrats avec des TO étrangers, encaissant des avances importantes sur deux saisons d’allotements. Ces engagements déjà pris pèseront dans la politique du futur gestionnaire de l’établissement. En 2004, le chiffre d’affaires de l’établissement s’est établi à 79 millions de dirhams. La mise à niveau, qui s’avère nécessaire, concernera non seulement le mobilier, mais aussi tous les services. Un audit sera certainement mené pour déterminer exactement l’état réel des comptes. En attendant, les gestionnaires réfléchissent à deux fois avant de s’engager. La société de Abdellatif Kabbaj, Kenzi Hotels, s’est vu dès l’éviction des ex-locataires, confier la mission par Ahmed Ahmed, mandataire de Dallah El Baraka, de faire la passation de services avec l’ancien directeur, M. Belkebir.  Celui-ci, injoignable, se serait constitué une nouvelle société de gestion du nom de «ABL», un bon point de chute en prévision des derniers événements qu’a connus le  Palais des Roses.

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