Parcours d’un entrepreneur

Kiju Song est né en 1964 de parents agriculteurs, pauvres mais fiers et conservateurs. A l’école primaire, il était réputé bosseur. Ses temps libres, il aimait jouer dans les rivières, les champs. D’ou sans doute cet amour de la nature. Un amour qu’il garde encore intact aujourd’hui alors qu’il est à la tête de LGE Maroc, symbole de l’avancée irrésistible de la haute technologie. Quel contraste pour cet homme qui, durant ses années à l’école du village, devait faire avec, ne connaissant même pas l’électricité. Ses premières leçons, c’est à la bougie qu’il les apprenait le soir. La vie dans ce petit village humble était pour lui un long fleuve tranquille, sans événément. Les moments de fêtes. Il y en avait mais rarement. En campagne, on ne fête pas, on vit. Il n’y a pas des envies, il y a des besoins. Puis ce fut l’université. Dans cette Corée encore conservatrice, c’est l’un des rares endroits des grands brassages. Le jeune Kiju opte pour le Business Management, une filière en général pour fils de riches, la haute bourgeoisie. « Etant très pauvre, j’étais obligé de travailler en même temps. Je consacrais mon temps libre à enseigner les enfants». Cet argent aura largement servi à payer des études brillamment bouclées. Ensuite, après les études, comme tout bon Coréen, le jeune Kiju s’engage sous les drapeaux. Le service militaire est obligatoire dans ce pays où les deux puissances de l’époque se toisaient par armées interposées, à portée de tir. C’est sans doute durant ce bref intermède, qu’il acquéra définitivement, ce sens de la rigueur, acquis depuis son éducation de base et que lui reconnaissent la plupart des personnes qui l’ont rencontré où qui ont eu à travailler avec lui. Une fois le service militaire accompli, le jeune Kiju, la conscience tranquille, peut penser à sa carrière. Avec, comme unique recommandation son mérite et un diplôme de Business Management en poche, il parvient à déjouer les tentacules du chômage. Son premier emploi, il le décrocha en 1989. Une quasi-promotion à Gold Star (ancienne appellation de LG). Il aura le temps de confronter les théories des grandes écoles à la pratique. Au département des Ressources Humaines, il s’illustre toujours par cette rigueur qui le suit partout et qui a fait poser cette question à un confrère lors d’une conférence de presse : « êtes-vous issu aussi de la chaîne de montage LG ». Son sens du travail, sa disponibilité est vite remarqué par les dirigeants de l’entreprise. Il rejoint le département « Stratégique Planning », l’éminence grise de l’entreprise. Sa principale mission était de faire de l’innovation. Il est ensuite promu à Dubaï avec comme principale mission de prendre en charge tout ce qui est marketing pour le Moyen-Orient et l’Afrique. « Quand on a ouvert au Maroc, le directeur m’a demandé si je voulais prendre en main la filiale, je n’ai pas hésité ». J’ai sauté sur l’occasion. C’était il y a trois ans. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts.L’hisoire de LG et de sa réussite, tout le monde la connaît. Pourtant sur un autre domaine que Kiju et son entreprise s’illustrent le plus, « le social ». Aider les enfants, aider les jeunes, aider les pauvres. Que cela soit les « jeunes talents », programme qui a ouvert les universités marocaines à 40 jeunes nécessiteux ou encore les nombreuses donations et programmes conjoints avec les associations, LG est toujours au rendez-vous, avec un directeur qui n’a pas oublié ses origines. Aujourd’hui, à 39 ans, Kiju Song, marié et père de deux enfants, ne rêve que d’une chose. S’établir au Maroc après sa retraite. Il aura d’ici là le temps de perfectionner son arabe.

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