Pas de carotte fiscale

Adil Douiri pourra toujours se targuer d’être à la tête d’un des rares départements à ne pas connaître de coupe budgétaire pour 2005. Mais passé ce cap, la loi de Finances 2005 n’offre aucune surprise au secteur touristique. Certes le budget de la promotion en 2005 restera toujours à son niveau de 2004. Mais avec une offre hôtelière en augmentation de 15%, et des lignes aériennes en augmentation continue, les moyens semblent dérisoires. Pour les professionnels interrogés, l’Etat a depuis 2001 tenu ses engagements budgétaires en procédant à une augmentation continue du budget de la promotion, conformément à l’esprit de l’accord-cadre. Aussi, à leurs avis, 2005 marque une rupture par rapport à ses engagements.
En tout cas, l’Office du tourisme risque de faire face à des choix cornéliens. La vieille institution sera-t-elle contrainte d’abandonner certains marchés, ceux de l’Europe de l’Est par exemple, pour se recentrer sur l’Europe de l’Ouest uniquement, s’interroge non sans crainte, un professionnel gadiri qui requiert l’anonymat ? Certes, la nouvelle direction s’est engagée à dégraisser le mammouth, une réorganisation est annoncée avec pour but de dégager des économies dans les frais de fonctionnement. Certaines délégations feront les frais. Mais, la grande réforme de la TPT traîne toujours. «Les réunions autour du sujet sont trop espacées», entend-on dans les milieux associatifs. C’est dire que par rapport à la loi de Finances 2005, le secteur est resté sur sa faim.
Dans sa note de présentation devant les députés, le ministre des Finances a été d’ailleurs assez circonscrit en ce qui concerne le tourisme. Faute de carotte fiscale, Fatallah Oualalou a passé en revue les principales initiatives réalisées ou appelées à l’être dans le cadre de la vision 2010. Il s’agit entre autres de l’ouverture de nouvelles zones d’aménagement touristique. A ce jour, quatre stations sur six ont trouvé preneur. Le ministre des Finances cite aussi la mise en place de fonds spécifiques pour le financement de la rénovation des hôtels. Aux professionnels concernés de juger du chemin parcouru. Quant à l’allègement des charges fiscales du secteur touristique, également cité, l’on est encore loin du but fixé. Mais, apprend-on auprès de la CGEM, le ministère de l’Intérieur devait présenter, lundi, son nouveau plan de réforme de la fiscalité locale. Oualalou cite aussi l’apurement des arriérés de l’Etat vis-à-vis du secteur, la promotion du tourisme intérieur, l’encouragement à la création de nouvelles lignes de transport aérien. S’agissant de la dette de l’Etat vis-à-vis du secteur hôtel, depuis juillet 2003 et la rencontre entre les professionnels et le Premier ministre, la problématique est en suspens. «On nous avait bien promis un règlement pour le 31 décembre 2003, mais nous attendons toujours», explique un hôtelier.
En ce qui concerne l’artisanat, une définition du cadre juridique est en chantier. Dans l’ordre du jour aussi en 2005, la mise en place des structures d’accueil sous forme de zones d’activités et de villages d’artisans et la réhabilitation des ensembles artisanaux en tant que centres d’exposition et de commercialisation.

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