Pascal Lamy brigue un deuxième mandat

«Lorsque j’ai pris mes fonctions de directeur général le 1er septembre 2005, j’ai travaillé à renforcer le multilatéralisme (…)», a souligné Pascal Lamy dans une lettre adressée au président du Conseil général de l’OMC et transmise mardi aux 153 Etats membres. «J’ai travaillé à assurer que l’ouverture du commerce mondial continue de contribuer au développement», a-t-il poursuivi en relevant que «les tâches devant nous continuent d’être un défi, notamment au vu de la crise financière mondiale». La candidature de Pascal Lamy, dont le nouveau mandat de quatre ans démarrerait en septembre 2009, a déjà obtenu le soutien du ministre brésilien des Affaires étrangères Celso Amorim. «Je l’encourage. Je pense qu’il est de grande valeur pour l’organisation. Il est quelqu’un qui a montré de la droiture, de la compréhension, du courage, mais en même temps de l’équilibre», a dit M. Amorim. «Il a les qualités pour continuer à diriger l’OMC», a-t-il déclaré, faisant ainsi taire les rumeurs qui le présentaient comme un candidat à la succession du Français. Les Etats membres de l’OMC peuvent proposer une autre candidature au poste de directeur général entre les 1er et 31 décembre. Si aucun candidat ne s’est fait connaître d’ici là, Pascal Lamy sera automatiquement reconduit dans ses fonctions. En se présentant à un nouveau mandat, Pascal Lamy souhaite mener à terme les négociations du Cycle de Doha sur la libéralisation des échanges démarrées en 2001 dans la capitale du Qatar. Dans des discussions embourbées dans les frilosités protectionnistes de plusieurs Etats membres, tout comme face à la crise financière mondiale, Pascal Lamy prône les mêmes remèdes: des actions concertées et des règles internationales. «Chacun sait très bien que si cette crise devait déboucher sur du chacun pour soi en matière économique et commerciale, alors les risques seraient bien pires, l’Histoire nous l’a montré dans les années 30», a-t-il récemment déclaré. «Seules des règles communes peuvent instaurer la confiance», martèle-t-il, à l’image de ce que le Cycle de Doha tend à réaliser pour le commerce. Ainsi, le directeur général de l’OMC s’est dit favorable à la tenue d’un nouveau Bretton Woods. «Si ça veut dire mettre autour de la table les puissances mondiales, c’est-à-dire les Etats-Unis, l’Europe (…), la Chine, l’Inde, le Brésil (…) ou les Saoudiens et qu’ils se donnent comme mandat de fixer des règles dans la finance mondiale, alors je suis pour», a-t-il déclaré. Au siège de l’OMC à Genève, Pascal Lamy a ainsi mis sur pied une équipe spéciale chargée de suivre les effets de la crise financière. Si cette équipe observe «des éléments indiquant que la situation financière pourrait avoir des conséquences plus sérieuses sur le système commercial », M. Lamy pourrait convoquer une réunion des Etats membres afin d’étudier les mesures à prendre. D’ores et déjà, les dirigeants des principales banques commerciales et des institutions financières internationales ont été convoqués à Genève le 12 novembre. Mais la réunion genevoise devrait être éclipsée par la tenue du sommet du G20 le 15 novembre à Washington et plusieurs participants ont déjà annoncé qu’ils se feraient représenter.

• Aude Marcovitch (AFP)

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