Pénurie prévisible de produits agricoles

Les produits agricoles connaîtront une hausse des prix d’ici dix ans et les pays d’Afrique du Nord ont tout intérêt à développer l’agriculture pour pouvoir faire face à la pénurie qui se profile à l’horizon, a affirmé le professeur marocain Omar Akalay qui intervenait au colloque international sur la « mondialisation et sécurité » tenu à Alger.
Intervenant sur le thème « mondialisation et sécurité alimentaire », M. Akalay a précisé qu’avec le traité de Marrakech et l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), l’agriculture est devenue une donnée fondamentale dans le commerce général, ce qui n’était pas le cas avant puisque le GATT ne concernait que les produits industriels. Le traité de Marrakech a prévu un calendrier devant permettre aux pays développés comme les Etats-Unis et l’Europe de réduire progressivement les aides accordées à leurs agriculteurs et leurs exportateurs, d’où la nécessité pour les pays qui veulent se développer de donner la priorité à leur agriculture, d’autant plus que les mécanismes de soutien aux agriculteurs européens seront éliminés. Ces derniers bénéficieront de même d’une prime de 15% afin de laisser les terres en friche, d’où des quantités de produits vont diminuer et les prix s’afficheront à la hausse. « Nous payerons à l’avenir le blé plus cher et nous avons tout intérêt à le produire parce que notre blé est cher», a souligné M. Akalay, ajoutant que le Maroc produira cette année quelque 50 millions de quintaux de céréales, dont 80% sont auto-consommés, et peut faire le double, soit 100 millions de quintaux, si les prix augmentent.
Le professeur marocain a précisé que le Maroc a son autosuffisance en légumes, en sucre quasiment, en viande et en lait et que « cela va exactement dans le sens de l’OMC, qui va élever les prix de tous les produits importés ». Il a rappelé dans cet esprit que l’Afrique a importé en 1999, quelque 8 milliards de dollars de produits agricoles et en a importé pour 15 milliards en 2000. « C’est la hausse des prix d’un coup », a dit M. Akalay, ancien directeur de banque, actuellement à la tête d’une société de conseil.

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