Perspective : Vigipirate

La notion de piraterie ou de piratage couvre l’ensemble des atteintes aux intérêts de ceux qui participent, directement ou indirectement, à la création, la production, la distribution et l’exploitation d’oeuvres audiovisuelles. Elle résulte de la reproduction et/ou de la diffusion non autorisées, de quelle que manière que ce soit, desdites oeuvres. Il en est ainsi pour la terminologie générale. Elle se traduit au Maroc pour le simple consommateur en une campagne de sensibilisation institutionnelle sur les ondes et supports des médias nationaux. Les producteurs-distributeurs de produits artistiques sont unanimes à déclarer : «quand lundi, je lance un nouveau produit, mardi, soit le lendemain, un autre envahit le marché avec mon propre produit et à moindre coût». Cet autre est ce qu’on appelle dans le milieu de la production, un pirate.
Son profil est des plus communs, sauf que son action se situe dans le champ de l’informel et de l’illégalité. Les réseaux les plus développés qui donnent du mal aux autorités opèrent avec une dextérité exemplaire. Des perquisitions ont montré qu’ils occupent des locaux et des usines secrètes équipés par les dernières technologies en matière de duplication des oeuvres, du scanning des logos et indications des sociétés de production autorisées. L’importation des outils de production s’effectue sous le nez des agents de l’administration des douanes. Ces derniers ont désormais l’obligation de vérifier l’authenticité des factures, des machines, des K7, CD-Rom…et l’existence des contrats de distribution des marchandises. Parce que, Monsieur Pirate sait comment entretenir ses activités dans la plus grande discrétion.
De l’extérieur, les locaux se présentent comme des hangars. Cette industrie souterraine est essentiellement nocturne. Logique quand on travaille dans l’illégalité la plus absolue. Le nombre d’employés peut atteindre jusqu’à 3000 personnes. Et évidemment, le «boss» ignore tout ce qui concerne les charges sociales et fiscales. Les transactions se réalisent sans facturation, notamment avec les détaillants qui accueillent sur leurs étalages les produits de la contrefaçon, à des prix très motivants. Certes, le consommateur n’ira pas se pencher sur l’origine du produit.
Le plus important, est qu’il retrouve la photo de son interprète préféré sur la jaquette de l’album. Pour ne pas rester dans la fatalité, des cellules institutionnelles voient le jour, un Conseil supérieur de l’audiovisuel et une commission de lutte contre le piratage. Peut-on affirmer que la stratégie de «dumping» initiée par le secteur formel arrive à son terme. Celle qui consiste à inonder le marché massivement en s’alignant sur les prix des producteurs illégaux.

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