Perturbations en vue dans les ports

Le Syndicat national des cadres supérieurs de l’ODEP gronde. La grève préventive de 48 heures qui a débuté hier à huit heures du matin dans les ports marocains, à quelques jours de l’entrée en vigueur du code du travail, devait se poursuivre aujourd’hui. Un sit-in d’une durée de deux heures, entre 9 et 11 heures du matin, est prévu aujourd’hui devant le siège de la direction.
Dans son communiqué, le Syndicat national des cadres supérieurs de l’ODEP explique son mouvement par un certain nombre de revendications non prises en compte, notamment par le ministère des Finances. Les cadres réclament, entre autres, la revalorisation de leurs salaires en stagnation depuis 12 ans. «Ce qui est paradoxal, souligne le communiqué, par rapport à un Office réputé comme étant l’une des entreprises publiques les plus performantes.
Les cadres du port font remarquer au passage, que leurs salaires sont inférieurs à ceux de leurs collègues de l’OCP, de l’ONE, de la Régie des Tabacs et de la RAM.
D’après le secrétaire général du syndicat, Najim Naji, la direction de l’ODEP a donné son feu vert depuis déjà une année. Mais le visa du ministère des Finances, indispensable pour avaliser les augmentations tarde toujours. D’où cette grève programmée initialement pour le 25 mai puis reportée in-extremis, après, précise M. Naji, que le ministère de l’Equipement ait dit avoir trouvé un arrangement avec la Direction des Etablissements publics et des participations (la DEPP). Le délais d’une semaine accordée alors par les cadres supérieurs a été épuisé sans avancées notables. «Jusqu’à présent, ni le ministère des Finances, ni la Primature, appelée à jouer le rôle d’arbitre, n’ont daigné répondre à notre requête, même négativement», explique M. Naji. Entre juin 2003 et mai 2004, plusieurs tentatives de joindre le cabinet de Jettou sont restées sans effet, précise-t-il. En effet, ni la lettre envoyée au mois d’octobre ni le rappel qui en a été fait en décembre n’ont eu d’échos. Les cadres supérieurs de l’ODEP qui travaillent le temps entre 44 et 56 heures par semaine avaient déjà organisé un port de brassard pendant trois jours, dans tous les ports du Royaume, entre les 27 et 29 avril 2004 Le syndicat de l’UGTM n’écarte plus désormais, comme peut-on le lire dans le communiqué parvenu au ministère de l’Equipement, à celui des Finances et à la direction des Etablissements publics et des participations, à «recourir en temps opportun à d’autres mesures de nature à sauvegarder les intérêts de son encadrement supérieur ».
De sources syndicales, à la mi-journée d’hier, la grève était suivie à 90 et 100% dans plusieurs ports du Royaume. Des perturbations ont été observées dans certains endroits, notamment au port de Kénitra, où deux navires étaient bloqués hier à la mi-journée, à celui de Mohammédia (deux pétroliers ont dû changer d’emploi du temps) et à Safi… Hasard du calendrier, ce mouvement de grève intervient, alors que l’une des sociétés de remorquage en service dans le port de Casablanca est engagée dans un bras de fer avec l’Union syndicale des travailleurs du port à cause d’un licenciement jugé abusif par le syndicat. Le problème qui couve depuis vendredi , est en voie de règlement, d’après la direction de la Marine marchande ; il n’en souligne pas moins la délicatesse des transitions qui s’opèrent depuis quelques années dans les ports.
L’ODEP, qui a publié dernièrement un bilan satisfaisant avec un résultat net de 308 millions de dirhams en 2002, attend d’importantes réformes au cours de cette année 2004. Pourvu que le bras de fer avec le ministère des Finances ne perturbe pas ces manoeuvres.

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